Le sinistre, d'origine accidentelle selon les premières constatations, affecte d'autant plus les habitants du Cap-Sizun, que l'ancien couvent des Ursulines était en cours de rénovation. Les deux projets - privé et public - (une cinquantaine de logements et un espace muséographique) ne devraient pas, toutefois, être remis en question.
Quatre grandes échelles
A 2 h 40, les pompiers du Cap-Sizun ont été prévenus par des voisins, que des flammes s'échappaient d'un bâtiment. Arrivés rapidement sur les lieux, et face à l'ampleur de l'incendie, ils ont aussitôt fait appel à des renforts. Une vingtaine de véhicules, dont quatre grandes échelles, ont ainsi été mobilisés.
Une priorité : préserver la chapelle
« Nous avons tout mis en oeuvre pour préserver l'aile dans laquelle est située la chapelle des Ursulines », indiquait pour sa part le colonel Guilloux, directeur départemental. Vers 9 h, les pompiers s'étaient rendu maîtres de l'incendie. Mais le constat était amer, non seulement pour Lucien Peuziat, le propriétaire, mais aussi pour tous les Pontécruciens, attachés au petit séminaire. En quelques heures, 1.000 m² de charpente, tout juste rénovée, sont partis en fumée, ainsi que 2.400 m² de planchers, situés dans les ailes est et sud. Grâce à la rapide intervention des secours, les deux autres ailes n'ont pas subi de dégâts. « Par chance, commentait le colonel Guilloux, nous n'avons pas été confrontés aux vents violents qui ont soufflé il y a quelques jours sur la région. En outre, aucune victime n'est à déplorer ».
Un ancien couvent des Ursulines
A Pont-Croix, c'est la désolation. L'ensemble des bâtiments, connus de tous sous le nom de « Petit séminaire », fait partie du patrimoine local. Fondé en 1652 par Sébastien de Rosmadec, également fondateur du couvent des Ursulines, il est devenu, par la suite, propriété de l'évêché de Quimper. En 1900, le petit séminaire comptait pas moins de 400 élèves. Fermé à différentes reprises, il a été occupé en partie par les troupes allemandes, entre 1940 et 1942. En 1980, pendant l'enquête d'utilité publique du projet de centrale nucléaire à Plogoff, une partie des bâtiments avait servi de dortoir aux gendarmes mobiles. Il y a tout juste sept ans, Lucien Peuziat, natif de Mahalon, à quelques kilomètres de Pont-Croix, se rendait acquéreur des lieux. Après avoir rénové une partie de l'aile nord dans laquelle a été créé un restaurant, il poursuivait d'importants travaux de rénovation.