De bonne heure, hier matin, Ronan Garrec et son épouse, demeurant à Plomeur, ont reçu un appel de l'armateur du voilier de croisière Le Ponant. Leur fils Thibault, matelot embarqué depuis le 1 e r janvier pour son premier contrat de quatre mois, faisait partie des marins pris en otages par les pirates, au large de la Somalie.
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Un e-mail prémonitoire Mercredi dernier, dans la soirée, Ronan et Valérie Garrec avaient reçu un message par internet de leur fils Thibault. Un e-mail dont le contenu prend désormais une nouvelle résonance : « Chers parents, nous venons d'entrer dans la zone pirate. À bord, l'atmosphère commence à devenir pesante, mais ça va. Je vous embrasse »... « Auparavant, précise son père, quand il nous envoyait des messages, il disait qu'il chantait, qu'il s'amusait. Mais, de toute évidence il avait peur, comme les autres marins, de traverser cette zone infestée de pirates ». En provenance des Seychelles, le voilier faisait route vers l'Égypte, la Libye et Malte et son arrivée était prévue à Nice le 19 mai prochain.
L'espoir d'être officier de pont commerce
Après avoir été patron-pêcheur, le père de Thibault occupe les fonctions d'officier de port à Nantes-Saint-Nazaire. Et sa mère, Valérie, est mère au foyer, rue Toulou Pri à Plomeur, entourée des deux petites soeurs et du petit frère de Thibault. Né le 7 septembre 1987, Thibault a obtenu un bac pro au lycée maritime du Guilvinec. À l'issue de quelques missions sur les Abeilles, à Brest, il navigue depuis le 1 e r janvier dernier comme matelot sur Le Ponant avec, au terme d'une période probatoire, l'espoir d'être nommé « officier de pont commerce ».
Le besoin de parler
Très affecté, le père de famille poursuit : « J'ai dû arrêter mon travail. Depuis deux nuits on ne dort plus à la maison. Heureusement que l'on a des amis et des parents pour nous soutenir ! ». Hier, Ronan Garrec a pu contacter par téléphone les cellules de crise mises en place à Marseille et à Paris. Hier soir, vers 18 h, il a été contacté par le ministère des Affaires étrangères qui lui a proposé un soutien psychologique. Mais, ajoute-t-il, « Nous aurions préféré être mis en contact avec d'autres familles de marins prisonniers, pour échanger entre nous. Pour l'heure, tout est flou. On n'est au courant de rien », lâche encore Ronan Garrec. Pour sa part, Léa Laurent, maire de Plomeur, a également pris contact, via la préfecture de Quimper, avec la cellule de crise mise en place à Paris. À Plomeur, on sait qu'il va falloir être patient mais l'inquiétude grandit.