Tout a commencé à Lorient, à 3 h du matin. Une centaine de pêcheurs ont bloqué le dépôt de carburant du port en mettant le feu à des pneus. Ils ont notamment vidé la cargaison d’un camion transportant du colin surgelé venant d’Alaska, devant les entrepôts frigorifiques du port. C’est à Brest que la mobilisation a été particulièrement forte. 300 pêcheurs ont pris place, à l’aube, devant le dépôt de carburant, empêchant les camions d’entrer et de sortir. Les manifestants ont ensuite mené une opération escargot vers Quimper, où ils se sont de nouveau rassemblés et ont bloqué un giratoire, de midi à 14 h. L’occupation a pris une dimension spectaculaire à l’arrivée d’un camion de récupération de pneus usagés qui a été rapidement délesté.
Les pêcheurs de la région de Saint-Brieuc solidaires
Au même moment, les manifestants prenaient connaissance des propositions de réunion, prévue demain par le ministère. Très en colère, les marins-pêcheurs ont refusé le principe d’être représentés par les délégués des comités nationaux et régionaux des pêches et au final refusé les propositions de discussion du ministère. C’était avant l’annonce de l’arrivée de Nicolas Sarkozy, ce matin. A Douarnenez, une cinquantaine de pêcheurs ont cadenassé la grille du dépôt de carburant puis ont jeté à l’eau huit caisses de 250 kg de poissons pêchés cette nuit. A Concarneau, dès 8 h 30, hier matin, une soixantaine de pêcheurs se sont retrouvés devant les bureaux des Affaires maritimes. Ensuite, ils ont mis le cap sur la voie express, qu’ils ont bloquée dans les deux sens, jusqu’à midi. Après avoir levé leurs barrages, les manifestants concarnois ont rejoint leurs collègues à Quimper. Hier soir, une soixantaine de pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont rejoint le mouvement de protestation en brûlant pneus et palettes devant la préfecture des Côtes-d’Armor. Le prix du gazole était bien sûr au centre des discussions, mais aussi la « double sanction », stigmatisée par Alain Coudray, du comité local des pêches, en cas d’infraction à la législation à la pêche à la coquille.
Le mouvement s’est propagé à d’autres ports de la façade Atlantique et de la Manche, comme aux Sables-d’Olonne (Vendée), où les chalutiers sont restés à quai, ou au Havre, où une vingtaine de bateaux ont bloqué les mouvements des navires de commerce. Les pêcheurs de La Turballe et du Croisic (Loire-Atlantique) ont entamé le blocus de l’importante raffinerie Total de Donges, action qui a pris fin vers 19 h. Ceux de Boulogne-sur-Mer étaient encore dans l’attente des propositions du gouvernement.