Venu hier matin au port du Guilvinec, Nicolas Sarkozy a annoncé trois mesures d’urgence pour calmer la colère des pêcheurs. Ces derniers, non convaincus, ont reconduit leur mouvement, en attendant une réunion cruciale, aujourd’hui, au ministère. A Lorient, de violents incidents ont entaché leur rassemblement.
Trois mesures pour tenter de désamorcer la crise. Au lendemain d’une journée de manifestations, Nicolas Sarkozy est venu à la rencontre des pêcheurs, hier, sur les quais du Guilvinec. Attendu par plusieurs centaines de marins, le président de la République semble avoir convaincu les membres des comités de crise du littoral. Pas encore la base, toujours mobilisée, dans l’attente de propositions écrites.
Accompagné de Michel Barnier, son ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Nicolas Sarkozy ne s’est pas déplacé en Bretagne les mains vides. Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, le président de la République avait souhaité présenter en personne les propositions du gouvernement réclamées par les pêcheurs. Des marins chaque jour plus nombreux à se mobiliser. « Je ne suis pas venu ici parce qu’il y a des gens dans la rue mais parce que je pense que c’est un combat juste », a déclaré Nicolas Sarkozy aux représentants des pêcheurs réunis autour de la table.
Trois propositions
Revendication principale des grévistes, la compensation de la hausse du prix du gazole fait l’objet de deux propositions. Dans un premier temps, marins et armements bénéficieront d’une exonération des charges salariales et patronales. « Une exonération totale pendant six mois reconductibles », souligne Nicolas Sarkozy. Une enveloppe estimée, hier, à 21 millions d’euros par trimestre. L’exonération répond à l’urgence de la situation, en attendant la mise en place du mécanisme de compensation de la hausse du prix du gazole, réclamé depuis le début du conflit. « Le mécanisme durable intégrera le prix du gazole dans le prix du poisson. Il va falloir imaginer un nouveau système financé par le poisson, dont celui d’importation (ndlr : 85 % du marché français). Il devra être conforme au droit communautaire », souligne Nicolas Sarkozy. Une précision importante. De retour du Guilvinec, Michel Barnier n’a pas manqué de souligner, devant les députés, qu’il allait « vérifier » si ce mécanisme était « compatible » avec les règles édictées par Bruxelles. Le ministre et les pêcheurs disposent de trois mois pour parvenir à un accord.
Ce matin à Paris
S’y ajoute la mise en place d’un plan de modernisation de la flotte. L’objectif de cette troisième mesure présentée par Nicolas Sarkozy est d’intervenir sur la consommation en carburant, notamment en finançant le remplacement des moteurs ou des bateaux. « Nous devons vous aider à retrouver de la compétitivité », poursuit le président. Trois mesures bien accueillies par les représentants des pêcheurs. Face au chef de l’Etat, Philippe Le Moigne, le porte-parole du comité de crise du Guilvinec, s’est dit satisfait : « Ces propositions recoupent nos revendications. Je n’en attendais pas tant aujourd’hui. » Aux côtés des représentants des comités de crise de l’ensemble du littoral, il sera ce matin à la table des négociations prévues au ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Un rendez-vous qui doit permettre de définir les mesures, très attendues, présentées, hier, au Guilvinec.
Les bateaux restent à quai
Les annonces du président de la République n’ont pas suffi à apaiser la colère des pêcheurs du littoral atlantique, hier. Pas question de reprendre la mer sans propositions écrites. Réunis à midi en assemblée générale sous la criée du Guilvinec, ils ont décidé de poursuivre le mouvement en attendant de connaître les propositions du ministre. Demain, ils décideront de la suite à donner à leur action au cours d’une nouvelle assemblée générale.
07/11/2007
Face-à-face sous haute tension hier au port de Lorient. (Photo François Destoc)
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