Les pêcheurs voulaient voir les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, mardi au Guilvinec, écrites « noir sur blanc ». C’est ce qui a été fait, hier, à Paris. A la fin de l’année, ils devraient avoir le litre de gazole à 30 centimes d’euros. C’est en brandissant ce « bon accord » que Philippe Le Moigne, pilote du comité de crise est sorti de la réunion. « Nous avons une feuille de route très précise. Messieurs, reprenez le travail ! », a déclaré, hier, Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches maritimes. « Le litre de gazole sera à 30 centimes d’euro. C’est ça la vraie victoire !, a déclaré Philippe Le Moigne. C’est ce que les pêcheurs exigeaient si haut et si fort ! »
Faire vite
Le président de la République était monté, mardi, en première ligne. « Le président décide et nous, nous travaillons », a souligné, hier, le ministre de l’Agriculture et de la pêche, Michel Barnier, qui « très heureux », n’avait plus qu’une chose à faire : mettre - et vite - ces annonces en musique. Le plus important selon lui, c’est l’engagement pris de parvenir, avant fin 2007, à un mécanisme durable de compensation des surcoûts du gazole « qui assure un seuil de rentabilité satisfaisant pour les entreprises de pêche ». En clair : il s’agit de compenser le surcoût du gazole supporté par les entreprises au-delà des 30 centimes d’euros le litre de gazole. Comment y parvenir ? Pas si facile.
Une facture salée
D’ailleurs, Michel Barnier ne donne pas de réponse précise. « Plusieurs options sont ouvertes », a-t-il souligné. Il faudra très probablement passer par le Parlement. Michel Barnier a semblé hier prendre ses distances avec l’idée d’un mécanisme qui répercute le surcoût du prix du gazole sur le prix du poisson vendu au consommateur, évoqué au Guilvinec par Nicolas Sarkozy. Des groupes de travail vont rapidement cogiter sur le sujet, en sachant qu’il faut rester dans les clous par rapport à Bruxelles... En attendant, c’est confirmé, les pêcheurs seront immédiatement exonérés de toutes les charges patronales et salariales jusqu’à ce que le mécanisme de compensation soit mis en place. Tout cela aura un coût : de 35 à 40 millions. Sur la fiche de paie d’un marin, ce sera visible : « Ça représentera environ 280 € », a précisé Philippe Le Moigne. Autre volet de la « facture » : la compensation du prix du gazole qui est estimée à environ 50 millions d’euros. Sortons les calculettes : si à l’exonération des charges, on ajoute la « compensation » du prix du gazole, on approche les 90-100 millions d’euros. La facture pour calmer la tempête est assez salée...
« A la base de décider »
Philippe Le Moigne, satisfait de toutes ces garanties, a quitté Paris en remerciant « les gars ». « Le comité de crise est fier dit-il du travail accompli ». Il en appelle aussi à leur responsabilité. A la base de décider ».
Seul obstacle probable à la mise en place de ce plan d’aide : L’Union européenne. La France mise donc sur le « réalisme » des Européens pour obtenir le feu vert de Bruxelles, a déclaré , hier, le secrétaire d ’ Etat aux Affaires européennes , Jean-Pierre Jouyet. « Je suis tout à fait confiant sur le souci de réalisme des autorités communautaires pour faire en sorte que cette situation difficile soit résolue » , a -t-il affirmé .