« C’est de la poudre aux yeux. On ne veut pas que la profession soit assistée. Ce qu’on veut, c’est vivre de notre métier », soupirait hier un marin-pêcheur du Guilvinec après l’annonce des nouvelles mesures par Michel Barnier. Après avoir investi les locaux de Furic marée au Guilvinec, une cinquantaine
de pêcheurs bigoudens ont pris la direction des entrepôts relecquois de la Scarmor pour une opération coup-de-poing. En 20 minutes, les immenses rayons abritant poissons « pêchés en atlantique », coquilles Saint-Jacques, pétoncles du Canada, et autres colins d’Alaska ont été mis à sac. Des centaines de paquets et de sachets réfrigérés ont été jetés au sol, éventrés, piétinés.
Rencontre avec l’interprofession
L’expédition a ensuite pris la direction de l’hypermarché Géant à Quimper. En quelques minutes, ils ont vidé le rayon des produits de la mer surgelés. Le contenu des caddies a été ensuite gratuitement distribué aux clients à la porte du magasin. Puis, à l’issue d’une assemblée générale, les pêcheurs ont fixé un rendez-vous avec les agriculteurs et les routiers pour vendredi, tandis que les pêcheurs hauturiers ont annoncé leur retour à leur port d’attache.
Réunions tous azimuts
A Concarneau, le comité local des pêches a également appelé l’ensemble de la flotte à rentrer au port. En début de semaine, de nombreux hauturiers et semi-hauturiers censés repartir en mer étaient restés à quai, en prévision d’un mouvement. Une réunion d’information est organisée ce matin. Même situation à Lorient, où une réunion est également prévue ce matin. A Paimpol, les pêcheurs tiendront leur assemblée à 15 h, à la coopérative maritime de Kerpalud. « Nous exposerons les mesures finalisées à Paris », annonçait, hier Yannick Hémeury, président du comité local des pêches. Les ports de Saint-Brieuc et Saint-Quay-Portrieux sont également toujours associés au mouvement. A Roscoff, les pêcheurs ont laissé le Pont-l’Abbé, ferry de la Brittany Ferries quitter le port du Bloscon avant d’en interdire l’accès en tendant un câble de 120 m. Les caseyeurs du vieux port devaient rejoindre le port, semble-t-il rejoints par les pêcheurs du Conquet.