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Hénaff. Un siècle de saga familiale

Cent ans et pas une ride. L’aventure familiale de la société Hénaff, née à Pouldreuzic, se poursuit contre les vents et les marées de la mondialisation. Jean-Jacques, 69 ans, le petit-fils du fondateur, est aujourd’hui le gardien du temple. Son fils Loïc, 35 ans, est prêt à prendre le relais.

Depuis le coup de génie du grand-père, les héritiers gardent jalousement le secret de la recette du « pâté du mataf ». L’emblématique boîte bleue ne contient pas seulement les morceaux nobles du cochon, elle renferme aussi un petit bout de Bretagne qui réchauffe le cœur de la diaspora bretonne. Les nombreuses lettres provenant du Japon, d’Inde, de la mer Rouge ou des îles Kerguelen, ne cessent d’en témoigner. La saga industrielle de la famille Hénaff démarre en 1907, à Pouldreuzic, grâce à l’intuition d’un homme, Jean Hénaff, qui veut enrayer l’exode rural. Il crée une conserverie de légumes à l’ombre du clocher du village. Face au problème de la saisonnalité des légumes, il se lance dans l’activité porc et concocte une recette originale de pâté, utilisant les meilleurs morceaux du cochon, jambons, filets, rôtis... La petite boîte bleue fait rapidement des émules, en particulier dans le monde de la mer où le « pâté du mataf » fait bientôt partie des provisions de bord. Près de 40 millions d’unités sortent chaque année de l’usine finistérienne et voyagent, accompagnées d’une gamme élargie (pâtés en verrine, viandes cuisinées, saucisses fraîches, palets de porc...), dans une cinquantaine de pays.
Le marketing aux Etats-Unis
Jean-Jacques Hénaff ne garde qu’un souvenir fugitif de ce grand-père agriculteur, père de quinze enfants et acteur de la vie politique au conseil général du Finistère. Il avait 4 ans à sa mort, en 1942. Jean-Jacques rêvait d’être pilote ou marin. Il a 16 ans quand son père lui propose d’entrer dans l’entreprise. « Il ne m’a jamais rien imposé », raconte-t-il. Après des études dans une grande école de commerce (Essec) à Paris, Jean-Jacques Hénaff va apprendre le marketing outre-Atlantique, dans une université de l’Oregon. Puis il revient en France, à l’Ecole technique de la conserve, à Paris. Il entre dans l’entreprise familiale en 1963, comme attaché de direction avec un objectif bien clair : conserver le patrimoine familial, maintenir l’emploi, et rester fidèle aux valeurs morales et humaines transmises au fil des générations.
L’arrivée de Loïc
Pari tenu. L’usine (190 salariés aujourd’hui) est sans cesse modernisée. L’export se développe sous l’impulsion de son épouse, Ginette, qui maîtrise l’anglais et l’allemand. Hénaff adapte ses produits aux habitudes alimentaires des différents pays, du Japon à l’Australie en passant par les Etats-Unis et Singapour... Après une expérience dans d’autres groupes industriels en France et en Australie, Loïc, le fils, rejoint l’entreprise et prend la direction du marketing en 2005. Jean-Jacques Hénaff n’envisage pas encore la retraite, mais il sait que la saga familiale se poursuivra. Les fêtes du centenaire : une kermesse familiale le samedi 23 juin, suivie d’une fête pour les salariés et leurs familles. Inauguration, le même jour, du musée de « la maison du pâté Hénaff » qui ouvrira ses portes au public, le 25 juin.
Un chiffre d’affaires de 44,8 m€
L’entreprise familiale Hénaff, avec ses 190 salariés, est leader national du pâté en conserve avec 27,5 % de part de marché. En 2006, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 44,8 millions d’euros (+ 7,7 %) et dégagé un résultat net de 600.000 € avant impôt. L’export (10 % du chiffre d’affaires) se développe dans cinquante pays, en Asie, en Russie, en Afrique, au Brésil, en Australie... avec des recettes inédites, comme les pâtés aux raisins ou les pâtés à la fine champagne. Les produits appertisés (conserves) de la marque Hénaff (pâté et rillettes en boîte, verrines), sont commercialisés dans l’ensemble de la distribution française. Les produits frais (saucisses, hachés) sont disponibles dans le Grand Ouest et en Ile-de-France. À noter, dans les nouveautés 2007, le « trio apéro » à toaster.

Yves Drévillon. 19/04/2007


Jean-Jacques Hénaff est entré, en 1963, dans l’entreprise créée par son grand-père avec un objectif bien clair : conserver le patrimoine familial et maintenir l’emploi. Pari tenu puisque, aujourd’hui, 190 salariés travaillent pour la société. (Photo Claude Prigent)
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