Ce n’est pas dans la pénombre d’un cabinet ministériel, mais lors de sa conférence de presse consacrée à ce qu’il appelle « la révolution écologique », que Jean-Louis Borloo a signé solennellement le décret de création du parc marin, avec à ses côtés la secrétaire d’État à l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. « On va enfin pouvoir créer ce parc », s’est exclamé le ministre du Développement durable.
Éviter le fiasco de l’eau potable
Ce parc marin, qui a pour mission de faire cogérer la mer d’Iroise par l’ensemble des usagers, vise à éviter que cet incomparable écosystème marin ne subisse le sort qu’a connu l’eau potable en Bretagne. On en a actuellement l’illustration et il serait tout de même atterrant qu’un second fiasco, cette fois avec les eaux littorales, vaille à la Bretagne de nouvelles remontrances ou mesures vexantes de la part de Bruxelles. Mais entre la théorie et la pratique, entre les conflits d’intérêt, les maladresses de l’État et la démagogie ambiante, il aura fallu quinze années et de singuliers retournements de situation. La plus invraisemblable fut, bien sûr, la non-signature par Dominique de Villepin, avant son départ, du décret qui avait été auparavant paraphé par sa ministre de l’Écologie, Nelly Olin. Ce qui explique cette nouvelle procédure de signatures entre membres du nouveau gouvernement.
Ménard : lettre à Fillon
Christian Ménard, le député UMP de Châteaulin-Carhaix, s’était attribué, durant la campagne électorale, ce report inattendu en expliquant qu’il avait réglé le problème par de simples coups de fil à Dominique de Villepin puis Nicolas Sarkozy et qu’il fallait tirer un trait sur la procédure ayant impliqué une quarantaine de collectivités locales. Hier, le député ne semblait pas décidé à baisser les bras puisqu’il a fait savoir qu’il écrivait sur le champ à François Fillon pour lui demander de ne pas « contresigner le décret en l’état. Je ne suis pas contre le parc marin mais contre le projet proposé ». Baroud d’honneur ? Après la solennité donnée par Jean-Louis Borloo pour parapher ce document, on voit mal François Fillon refaire le coup de Dominique de Villepin et enterrer, à la sauvette, le décret créant le premier parc marin français. Sauf si l’État a décidé, sur ce dossier, de se ridiculiser jusqu’au bout.
Hier soir, Jean-Yves Cozan, conseiller général d’Ouessant a réitéré son opposition et celle des îliens d’Ouessant et de Sein à ce projet de parc marin, « qui ne leur apportera rien ».
Vos réactions.
Pour lire les réactions des internautes et lecteurs :
- sur le blog
"Courrier des lecteurs" si vous souhaitez simplement réagir à cet événement;
- sur le
forum, si vous souhaitez engager la discussion avec d'autres internautes.
René Perez. 30/06/2007