Ce manque de lisibilité a soulevé des réticences d’autant plus fortes que l’intitulé lui-même est porteur d’une interrogation. Comment cerner ce concept de parc marin alors que la mer est, par définition, un milieu ouvert et qu’un parc a une forte connotation d’espace clos ? Il n’en fallait pas plus pour qu’à la pointe de Bretagne s’insinue l’idée que l’Etat voulait en faire une réserve naturelle à l’instar de parcs nationaux terrestres, comme ceux de la Vanoise ou du Mercantour. On était mal parti...
Des textes des années 60
La suite n’allait pas contribuer à éclairer les lanternes car pour lancer la procédure de ce Parc marin d’Iroise, l’Etat s’est appuyé sur les textes qui ont régi la création des parcs terrestres mais qui datent des années 60, époque à laquelle la décentralisation était une notion parfaitement inconnue. Avec cette procédure, on revenait donc au temps où l’Etat imposait
tout, en passant allégrement pardessus la tête des élus et des acteurs locaux.
Certes, la mer est un domaine relevant de la compétence de l’Etat et elle n’est donc pas concernée par les lois de décentralisation. Mais comment imaginer qu’on pourrait imposer un projet déjà plus ou moins ficelé à des populations dont on sait, depuis au moins Astérix, qu’elles ont l’épiderme chatouilleux ? A fortiori quand on se situe du côté de Plogoff...
Nouvelle feuille de route
Des défauts congénitaux, il n’en a pas manqué, ce projet de parc. Mais dix ans et cinq préfets plus tard, il aura fallu l’arrivée de Roselyne Bachelot pour qu’un ministre comprenne enfin (et nous l’écrivions, il y a quatre ans déjà) qu’on ne pouvait faire aboutir un tel projet sans associer pleinement les élus, les marins pêcheurs et les usagers de la mer qui n’avaient eu, jusqu’alors, que des strapontins.
Muni de la nouvelle feuille de route fixée par la ministre, le préfet du Finistère, Dominique Schmitt, qui pilote ce projet en collaboration avec le préfet maritime, l’amiral Gheerbrant, a lancé une vaste campagne de concertation mais avec le handicap d’un rameur qui remonterait le raz de Sein à contre-courant. Pas simple.
Il a, face à lui, des opposants résolus qui estiment qu’il suffit d’une bonne application des textes actuels pour protéger et mettre en valeur la mer d’Iroise et qu’il n’est donc nul besoin d’une structure et de contraintes supplémentaires. Mais à l’opposé, des voix s’élèvent pour penser que ce projet constitue une opportunité que les générations futures nous reprocheront peut-être de ne pas avoir saisie.
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- Zone centrale : c’est la zone de compétence du Parc national pour l’application d’un programme de protection et de développement local. Le Parc y met en oeuvre la réglementation existante et propose, si nécessaire, des mesures aux autorités compétentes.
- Périmètres d’intérêt majeur : plus sensibles, ces zones sont gérées de manière plus fine, en concertation avec les élus des îles.
- Zone périphérique littorale et communes insulaires : le parc n’y détient pas de pouvoir réglementaire mais propose un programme d’accompagnement socio-économique pour promouvoir un développement local durable et contribuer à la qualité de la zone parc.
- Zone périphérique marine : comme les autres zones périphériques, elle peut donner lieu à des soutiens pour la promotion d’une pêche côtière durable.