Dans nos colonnes, le ministre de l'Ecologie et du Développement durable Serge Lepeltier avait révélé, en octobre 2004, qu'il travaillait sur ce nouveau concept de «parc naturel marin» pouvant constituer une alternative acceptable par tous. Depuis, l'idée a fait son chemin au point de figurer dans l'avant-projet de loi sur les parcs nationaux,
mais dans un chapitre spécifique qui distingue très clairement le milieu marin des grands espaces terrestres, tels les parcs de la Vanoise ou du Mercantour.
Pas donneur d'ordres...
Le défaut congénital du projet de parc marin d'Iroise, et ce n'est pas faute de l'avoir répété, fut de s'appuyer sur la vieille loi sur les parcs terrestres pour transposer en milieu marin ce que l'on avait fait dans les parcs nationaux. Cette fois, le ministre a bien compris que le calque ne pouvait pas s'appliquer sur un littoral générant de multiples activités comme il le fut sur des grands espaces terrestres, en partie destinés à devenir des sanctuaires de la vie animale. Instruit par l'expérience de ses prédécesseurs, Serge Lepeltier a également compris que l'Etat ne pouvait se comporter en donneur d'ordres (surtout en Bretagne...) et qu'un tel projet ne pouvait aboutir sans action conjointe et véritable partenariat avec les instances locales et régionales. Enfin, et ce n'est pas le plus anodin, la notion de développement durable figure en tête des priorités au même titre que la protection de l'environnement, ce qui n'apparaissait pas clairement dans les premières moutures, faisant craindre que les soucis d'écologie n'asphyxient les besoins de l'économie.
Une charte élaborée avec les collectivités locales
Dans son article premier, l'avant-projet stipule que «les parcs naturels marins concourent à la politique nationale de protection de l'environnement et de développement durable en mer. Ils constituent un cadre privilégié des actions menées conjointement par l'Etat, les collectivités locales, les organisations professionnelles et les associations d'usagers». Le parc sera régi par «une charte élaborée par l'Etat, en concertation avec les collectivités territoriales et les autres partenaires intéressés», et ses ressources seront essentiellement constituées de participations de l'Etat. Voilà pour les grandes lignes d'un avant-projet qui comporte plusieurs pages. Il devrait contribuer à rapprocher les points de vue des partisans et des opposants au parc, à l'instar de l'attitude d'Hélène Tanguy, députée et membre de la commission des parcs. Après avoir émis de sérieuses réserves sur le projet initial, elle se montre aujourd'hui nettement plus satisfaite de cette nouvelle version. «J'ai rencontré le ministre le 30 novembre et je lui ai fait part de ma satisfaction de constater que nos remarques avaient été prises en compte dans ce projet qui concilie intérêt national et spécificité régionale liée au milieu marin et qui met clairement le développement durable en tête des priorités.» Selon elle, le projet de loi pourrait être soumis aux parlementaires avant l'été.