« Je cherche un bateau simple, léger, rapide sur lequel je pourrais naviguer seul, parfois à deux mais aussi en famille. Qu’avez-vous à me proposer ? » Sur le stand Laser, le Brestois Yann Floch, 30 ans, connaît la musique. « Les gens ne veulent plus s’embêter avec des bateaux compliqués, lourds et encombrants. Ils n’ont pas beaucoup de temps donc ils cherchent un produit simple, stable, plaisant, accessible, transportable et rapide. »
Bout-dehors spi asymétrique
Les constructeurs ont bien reçu le message : presque tous proposent des unités fun. Et qui dit fun, dit forcément bout-debors, spi asymétrique et trapèzes. « Aujourd’hui, il suffit de tirer sur un bout pour envoyer le spi et tirer sur un autre bout pour le ranger », ajoute le Brestois, technicien chez Direct Sailing. Cette simplicité de mise en œuvre et d’utilisation a séduit les écoles de voile et les particuliers qui se laissent facilement tenter par le package « bateau + remorque de route + mise à l’eau ». Le Laser Bahia (8.550 euros), stable et volumineux, accueille jusqu’à cinq personnes. On peut même y installer un moteur. Dans la brise, ce grand dériveur collectif de 4,60 m sait se montrer véloce. Pour les amateurs de glisse en solitaire, le Twiner 2,80, signé Finot est un joujou très prometteur. Sa carène très plate ne laisse pas l’ombre d’un doute : l’objectif est de permettre aux plus jeunes de connaître l’ivresse du planning. Toujours dans ce créneau-là, l’Open Bic (2.500 euros), avec sa coque thermoformée dépourvue de franc-bord et ses voiles en Mylar, a déjà trouvé sa clientèle : c’est le bateau idéal au sortir de l’Optimist.
Retour du polyéthylène
Du côté des catamarans sans dérives, le polyéthylène est aujourd’hui bien accepté par le public : comme sur les dériveurs, la finition est bien meilleure et surtout l’entretien réduit à sa plus simple expression. Sur les unités plus sportives, on trouve, bien sûr, des coques en sandwich-mousse. Pour ceux qui aiment vraiment naviguer vite en levant la patte, il n’y a que l’embarras du choix : Hobie Tiger, Nacra F 18, Cirrus B1... Avec ces bombes-là, à vous les raids côtiers à plus de 15 nœuds. Mais attention, cette glisse-là a un prix. Entre 14.000 et 19.000 euros...
Ne cherchez pas le Village de la glisse dans le Hall 1, il a disparu. Et les planches avec. On a fini par trouver deux irréductibles comme Bic-Tiga et Naish, mais sur des stands de plus en plus petits. A l’image de ce marché en difficulté.
« La disparition des planches n’est pas un souhait de notre part », explique Alain Pichavant, commissaire général du Salon. « Au contraire puisqu’on a toujours fait le maximum pour avoir des visiteurs jeunes car ce sont eux les acheteurs de demain. Hélas, le marché de la planche va mal. » Très mal depuis une dizaine d’années et l’embellie constatée en 2006 semble avoir fait long feu. Qu’il semble bien loin le temps où, au CNIT à La Défense, on comptabilisait plus de 100 marques différentes. C’était en 1985-86, années où la planche à voile surfait tout en haut de la vague avec, dans le rôle du dieu de la glisse, un certain Robby Naish. La marque hawaïenne est représentée à Paris mais elle se sent un peu seule aujourd’hui. A tel point qu’on est en droit de se demander si les planches ne vont pas disparaître complètement du salon parisien. Dans un marché en crise, le déplacement Porte de Versailles représente une dépense importante pour les exposants. Exposants qui ont choisi de privilégier le Grand Pavois à La Rochelle en septembre afin de toucher les professionnels. Mais quid du grand public ? « Cela m’attriste. Mais je ne peux pas obliger les marques à venir au salon », déplore le Carantécois Yann Nguyen, représentant des sports de glisse à la FIN et importateur de la marque Naish. Faute de choix, difficile d’évoquer les nouveautés. On a juste remarqué la Bic Jungle. Derrière ce nom bizarre se cache une planche multi-fonctions de 3,30 m pour 11,8 kg : avec une pagaie, vous faites du Paddle (ndlr : debout sur la planche à « ramer »). Sans pagaie, vous surfez. Avec un gréement, une dérive et des foostraps (cale-pieds), vous faites de la planche à voile. Il existe même un petit dossier qui permet de s’en servir comme kayak. Prix de la planche seule : 899 euros.