Salon nautique. La course à la puissance
250, 300, et maintenant 350 CV, rien ne semble arrêter la course à la puissance des moteurs. Pas même le prix de l'essence qui frôle les 1,40 euro le litre (SP 95).
350 CV, c'est la puissance qu'affiche le dernier né de la gamme Yamaha. C'est l'équivalent d'une Porsche 911 Carrera S... La comparaison s'arrête là, car, comme pour l'automobile, ces moteurs s'adressent à des bateaux d'exception.
Des visiteurs perplexes
Pourtant, devant les stands, le gabarit et les tarifs des moteurs laissent les visiteurs perplexes. « On se rend compte qu'il y a beaucoup d'argent dans la plaisance », s'exclament Yannick et Denis, venus de Reims. Un projet ? Non, pas vraiment. Ils ont fait leur calcul : le prix d'achat, l'entretien et le coût de l'hivernage, pour seulement quelques sorties aux beaux jours, les ont amenés à se tourner vers la location. « C'est plus simple et sans surprise », résume Denis. Interrogé sur la flambée du carburant, Mathieu Houillon, l'un des trois inspecteurs techniques du réseau Yamaha France, ne se départit pas. « 1,40 le litre de SP 95 ? Oui et alors ? C'est une réflexion d'automobiliste qui roule au diesel depuis 20 ans. Certes, c'est cher, mais les gens n'arrêteront pas de naviguer pour autant. Le nautisme est une industrie bâtie sur le plaisir, beaucoup sont prêts à mettre le prix pour être sur l'eau. De plus, poursuit-il, les moteurs sont moins gourmands grâce aux derniers progrès techniques ».
Le plaisir par-dessus tout
Propos confirmés par Yannick Thibaud, concessionnaire Yanmar à La Rochelle. Il a vendu 14 moteurs au Grand Pavois et pas un acheteur ne lui a parlé de consommation. « Ce que recherche notre clientèle, c'est la fiabilité. Nous en faisons notre fonds de commerce. »
Un peu plus loin, Bruno et Michèle flânent sur le stand Honda. Originaires de Lorient, ils ont profité d'un week-end à Paris « pour faire un saut au Salon ». Bruno vient de commander le dernier 90 CV du fabricant japonais pour remotoriser son Cap Ferret de 5,50 m. Pour lui, pas question de limiter les sorties en mer à cause du prix de l'essence. « On n'a que les week-ends pour naviguer, et en Bretagne, dès qu'il fait beau il faut en profiter ».