Car voilà quatre squelettes dans un état de conservation tellement remarquable que les premiers experts sollicités faisaient remonter l’enfouissement en bord de mer à une cinquantaine d’années au maximum. Pas plus. Pour un peu, on nous donnait la date et l’heure, tellement les techniques d’aujourd’hui sont sophistiquées.
Et voilà qu’on apprend, d’un coup d’un seul, que ces squelettes qu’on croyait de l’avant-veille au soir sont quasi-moyenâgeux. Mince alors, ils ne faisaient pas leur âge ! Si le sujet n’était pas aussi sensible, on imagine à quel point nos établissements de thalassothérapie pourraient trouver argument pour un slogan-choc : « Avec la thalasso bretonne, rajeunissez de trois siècles ! ». Car si on a bien compris, ce sont justement les vertus du milieu marin qui ont égaré les premiers experts. Tout cela était tellement bien conservé qu’ils ont fait une légère erreur de plusieurs siècles. Trompés jusqu’à l’os ! Du coup, avec ces histoires de datation, on s’interroge sur l’autre affaire qui a fait du bruit cette semaine à Brest. Est-ce qu’on va maintenant nous annoncer que la caisse de munitions disparue ne contenait en fait que des balles d’arquebuse datant de Vauban ? À moi, comte, deux mots ! Donc, sachons apprécier à sa juste valeur le côté positif de l’affaire de Quéménès. Elle démontre que le milieu marin conserve, qu’il est sûrement bon pour nos carcasses parfois éreintées par l’agitation et que pour nos os, rien ne vaut les eaux. De mer, bien sûr. Accessoirement, cette affaire devrait aussi réconforter les membres de la mission partie sur l’île de Vanikoro, à l’autre bout du monde, pour trouver traces humaines de l’expédition Lapérouse partie jadis de Brest. La mission s’achève aujourd’hui même mais rien n’est perdu. Dans cinquante ans, peut-être... Le dossier de Quéménès n’est pas refermé pour autant. On attend d’autres éléments, car n’oublions pas que Rachida Dati s’était rendue sur l’îlot en personne et qu’elle a promis toute la lumière sur ce mystère. Faut-il espérer un rapport de la Garde des sceaux ? On s’interroge. Car en ces temps de confusions multiples, Bernard Laporte serait fichu de rappliquer dare-dare pour dire qu’il n’est pas l’auteur du rapport...