Quimper. Un certain essouflement commercial
Durant ces cinq dernières années, Quimper a peaufiné son image de ville culturelle et touristique. Par contre, la « belle endormie », comme certains la surnomment parfois, s’essouffle sérieusement sur le terrain du développement économique. Même le commerce est en panne. Une activité qui pourrait trouver une nouvelle vigueur avec la grande zone commerciale prévue dans le sud de la ville. Un projet qui, depuis des mois, fait du surplace.
Il y a encore une dizaine d’années, le commerce quimpérois était suffisamment fort et rendait la ville attractive. Des milliers de personnes convergeaient dans le centre historique pour leur shopping hebdomadaire. Préférant les rues piétonnes et les petites boutiques de caractère aux grandes surfaces standardisées et sans âme. Un déficit de grandes enseignes Ce temps est révolu. À présent, point de salut pour les agglomérations qui n’ont pas sur leurs rails de locomotive commerciale. Et Quimper est dans ce cas. Alors que Brest s’apprête à accueillir Ikéa, la capitale de la Cornouaille piétine et n’avance pas. Pas de FNAC ici, ni même de Zara. Encore moins de Virgin ou de Leroy-Merlin... La grande zone commerciale du Moulin des Landes - six hectares consacrés à l’équipement de la maison - au sud de la ville est au point mort. Même chose en ce qui concerne la galerie commerciale du Chapeau-Rouge en plein centre-ville qui, à l’origine, outre de grandes enseignes axées sur la culture, devait abriter un multiplexe. Dossier qui a donné lieu à de multiples rebondissements. À sa décharge, la municipalité doit conjuguer avec un plan de prévention des risques inondations (PPRI) particulièrement sévère qui lui empêchait jusqu’alors d’envisager toute construction d’équipements accueillant du public à proximité des rives de l’Odet ou du Steir. En décembre, elle a plaidé pour une lecture plus « assouplie » de ce texte. En clair, on peut espérer la construction du complexe cinématographique sur le parking de La Providence, à quelques mètres du Steir. Retour à la case départ après quatre ans de tâtonnement. À l’opposé, le chantier de la médiathèque de Quimper-Communauté avance comme prévu. 7,2 millions d’euros seront crédités pour cet équipement à la pointe, aménagé dans l’ancien couvent des Ursulines, dont l’ouverture est prévue courant 2008. Circulation : vivement la rocade nord-ouest Côté circulation, on attend avec impatience l’ouverture du contournement nord-ouest prévue fin 2008. Une rocade de 7,2 km de long (55 millions d’euros) qui, tous les jours, devrait délester de quelque 25.000 véhicules les rues du centre-ville où le trafic augmente de 3 % par an. Quotidiennement, plus de 40.000 véhicules posent leurs pneus sur les quais de l’Odet ! Aux heures de pointe, il faut prendre son mal en patience. Ce faible débit automobile contraste sérieusement avec le très haut débit informatique sur lequel planche depuis de nombreuses années la communauté d’agglomération. Dans ce domaine, Quimper fait figure de pionnière. D’un coût de près de huit millions d’euros, ce réseau de 90 kilomètres de fibre optique connectera les zones d’activité et les mairies avec des débits pouvant aller jusqu’à 100 mégabits, une desserte DSL pour les particuliers et une couverture Wimax pour les zones blanches de deux mégabits minimum. Les travaux ont débuté il y a quelques semaines. Ce réseau sera opérationnel à la fin de l’année. Il couvrira les communes de Quimper Communauté. La totalité de la population (84.000 habitants) pourra y être reliée. Une vraie liaison TGV Si Quimper va pouvoir bientôt se connecter très vite au reste du monde via le net, il n’en demeure pas moins que la ville souffre d’un réel isolement géographique. Ce désenclavement ne devrait plus être qu’un mauvais souvenir en 2012, date retenue pour la mise en service de la vraie liaison TGV qui mettra la capitale de la Cornouaille à trois heures de Paris. En attendant, il restera à régler les problèmes récurrents (annulations et retards) qui plombent la liaison aérienne avec Orly et qui empêchent l’aéroport de Quimper-Pluguffan de réellement prendre son envol. Contrairement à Brest, qui a pris les courants ascendants.
Didier Déniel. 13/02/2007
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Si Quimper a peaufiné son image de ville culturelle et touristique, la « belle endormie », comme certains la surnomment parfois, s’essouffle sérieusement sur le terrain du développement économique. (Photo C. Prigent)
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