Un passage de témoin difficile
Grande leçon de ce scrutin : succéder à un maire bien installé est affaire délicate. Jean-Claude Joseph à Quimper, Michel Brémont à Saint-Brieuc et Philippe le Roux à Landivisiau en ont fait l'amère expérience.
Le passage de relais nécessite une longue et patiente préparation, ce qui à l'évidence n'a pas été vraiment le cas dans ces trois villes. A moins qu'il y ait eu erreur de casting. L'onction du sortant au dauphin désigné ne suffit en tout cas pas, surtout quand elle s'accompagne entre les deux tours d'obscures manoeuvres. Plus habiles ont été François Cuillandre à Brest et Norbert Métairie à Lorient qui du coup, avec leur large victoire, prennent une nouvelle dimension sur la scène politique régionale. Une scène sur laquelle François Goulard, le nouveau maire de Vannes, va jouer un rôle de plus en plus important dans les perspectives des scrutins à venir. A droite il est certainement l'homme qui monte. De même, Alain Gérard et Bruno Joncour, les nouveaux maires de Quimper et Saint-Brieuc voient de facto leur poids politique considérablement se renforcer. Reste quand même pour la droite quelques situations difficiles qui ne seront pas faciles à gérer dans la perpective des législatives. C'est le cas à Landivisiau. La défaite du dauphin de Charles Miossec aux municipales et celle encore plus étonnante de François Prigent face à une candidate socialiste aux cantonales posent un sérieux problème de renouvellement. A Lorient non plus ces municipales n'ont pas permis à la droite de voir émerger un leader incontestable. Pour avoir été trop largement battu, Fabrice Loher aura du mal à s'imposer et faire prévaloir ses choix. Une ambition remise à plus tard. A Brest, la situation de la droite n'est pas meilleure. Lourdement défait, Yannick Marzin ne peut plus guère prétendre incarner le renouveau de cette famille politique. La droite brestoise va devoir se trouver des hommes et des femmes neufs.
Yvon Corre - Le Télégramme - 20/03/2001
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