Au fil des regroupements, le région brestoise ne compte plus que quatre maternités : l’hôpital de Landerneau,
le CHU de Brest, la clinique Pasteur et la clinique de Kéraudren
qui a repris la dernière maternité du secteur, celle de Saint-Renan, où les derniers bébés sont nés en
juin 2002.
Situation atypique à Brest
Brest se distingue cependant dans le paysage national par une part plus importante du secteur privé. La majorité des petits Français voient le jour à l’hôpital public, mais pour les petits Brestois la situation est inversée. Cependant, l’hôpital a nettement progressé ces dernières années et particulièrement
en 2006. Une augmentation qui n’est pas seulement due au
mouvement de grève des anesthésistes libéraux qui s’est déroulé cet été, du 22 juillet au 16 août 2006. Cette grève a contraint la maternité Pasteur à suspendre son
activité durant trois semaines. Une interruption qui n’a malgré tout que peu affecté l’activité de l’établissement.
En revanche, la maternité de Kéraudren, qui n’a pas fermé
puisqu’elle a été réquisitionnée, a fait moins d’accouchements
qu’en 2003, après trois années de progression continue.
Quant à la maternité de l’hôpital Morvan, elle a assuré 219 accouchements de plus, un bond qui reste remarquable même si l’on tient compte des 47 femmes, suivies par des obstétriciens de Pasteur, contraintes d’accoucher à l’hôpital
en raison de la grève.
Dans les années 1990, l’activité de l’hôpital se situait plutôt autour ou en-deçà des 1.500 accouchements annuels (1.365 en 1999).
Des obstétriciens qui n’accouchent plus
Plusieurs mouvements de grève, notamment des obstétriciens durant cinq jours en janvier 2003, ont émaillé ces dernières années. Dans le même temps, plusieurs gynécologues-obstétriciens brestois décidaient de ne plus pratiquer
d’accouchements, en raison de la judiciarisation croissante et
de la progression parallèle du montant des assurances professionnelles. D’autres ont choisi de partir à
la retraite ou vont bientôt le faire. Les maternités privées doivent donc fonctionner avec un nombre réduit de gynécologues-obstétriciens. Des médecins continuent ainsi
à suivre des grossesses mais passent la main à d’autres confrères pour la naissance. La clinique Pasteur a particulièrement été touchée par ce phénomène, ce qui
explique qu’elle soit passée de 1.440 accouchements en 2000 à
près de 1.000 aujourd’hui. La situation est encore plus alarmante si l’on prend en compte la moyenne d’âge des médecins en exercice. À la clinique Pasteur, la marge est
plus importante, avec une moyenne d’âge de 53 ans pour les trois médecins accoucheur. Mais, à la clinique de Kéraudren, la moyenne d’âge des gynécologues-obstétriciens est de 58 ans, et les petits nouveaux se font attendre. Le dernier médecin arrivé était venu de Paris pour renforcer l’équipe en 1999, mais il était de la même génération.
Catherine le Guen. 02/03/2007.