Fini le temps où l'enfant à peine sorti du ventre de sa mère était pesé, déplié pour être mesuré, baigné puis habillé et enfin remis à sa mère. « Aujourd'hui, on privilégie un accueil peau à peau en douceur et une mise au sein rapide », souligne Catherine Bertevas, cadre sage-femme à la maternité.
CLASS=INTER>70 % des accouchements
Les sages-femmes tiennent le premier rôle à la maternité de l'hôpital Morvan où elles assurent 70 % des accouchements, jusqu'au bout, un obstétricien de garde étant présent en cas de besoin pour une césarienne. Ici, on ne fait jamais de déclenchement d'accouchement à la demande d'une future maman. En revanche, acupuncture et homéopathie ont une place. Et une étude est en cours pour organiser les conditions d'un retour précoce à la maison des mamans qui le souhaitent. La maternité du CHU est de niveau 3, c'est-à-dire qu'elle est habilitée à suivre les grossesses à haut risque (femmes hypertendues ou diabétiques, naissances multiples) et dispose d'un service de réanimation néonatale. Cela explique un taux de césarienne de 20 %, tandis que 10 % des accouchements nécessitent les forceps. « Les femmes à risque sont suivies en consultations ou en hospitalisations, elles viennent parfois du secteur privé, mais lorsque la période de danger est passée elles peuvent retourner dans la clinique de leur choix. Le réseau périnatalité fonctionne très bien », ajoute Anne Moal, cadre sage-femme chargée des grossesses pathologiques. Seize lits sont réservés aux grossesses à risques, et deux à l'unité de procréation médicalement assistée.
Recrutement de médecins
« Les sages-femmes pratiquent une profession médicale, le suivi des grossesses est leur métier. Nous avons donc développé depuis quelques années les consultations de suivi faites par des sages-femmes, elles prennent aussi de plus en plus d'importance dans le suivi des grossesses à risque », précise le Pr Michel Collet, chef du service de gynécologie-obstétrique. Des recrutements de médecins, certains venus du secteur libéral pour des vacations, expliquent également la progression enregistrée en 2006. Enfin des femmes ont découvert l'hôpital à la faveur d'une grève ou du départ de leur gynécologue et ont fait le choix d'y revenir pour un suivi. « Je ne suis pas inquiet pour l'avenir de l'obstétrique, la surveillance de la grossesse va changer et la compétence des sages-femmes sera reconnue. En dépistant très tôt et en orientant les femmes en fonction du risque, on favorise la prévention », conclut le Pr Collet.