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Législatives 2007 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Législatives 29 / 2d tour. L’UMP perd deux sièges

5-3 pour l’UMP en 2002, 5-3 pour le PS en 2007 : les résultats d’hier ont redonné la majorité départementale au PS qui, à la surprise générale, emporte cinq des huit sièges de députés. Les femmes ont également perdu la majorité dans un département qui était le seul de France à avoir cinq représentantes sur huit à l’Assemblée.

Marcelle Ramonet (Quimper) et Hélène Tanguy (Pont-l’Abbé-Douarnenez) ont perdu leur siège de députée. On savait que pour l’une comme pour l’autre, la partie était loin d’être gagnée d’avance, mais on ne s’attendait pas à ce que le PS réalise le doublé en Cornouaille avec deux candidats qui se présentaient pour la première fois à la députation. La victoire de Jean-Jacques Urvoas à Quimper est même totalement inattendue par son ampleur, puisque le candidat PS s’impose avec 2.400 voix d’avance. Hélène Tanguy, quant à elle, est battue par la première vice-présidente du conseil général, Annick Le Loc’h. Le report des voix du MoDem-UDF semble avoir ici, plus qu’ailleurs, bénéficié à la candidate socialiste au point que la gauche arrive largement en tête à Plonéour-Lanvern, fief du président départemental du MoDem.
Adam mieux que Le Guen
Le retour de balancier en faveur du PS est tel que le meilleur score du département ne revient pas à l’UMP Jacques Le Guen (54,8 %), qui avait frôlé l’élection dès le premier tour, mais à Patricia Adam (PS) réélue à Brest avec 55,51 % des voix. Marylise Lebranchu, à Morlaix, fait presqu’aussi bien (54,38 %), tout comme Gilbert Le Bris (Concarneau) qui retrouve son siège avec plus de facilité que prévu. Outre Jacques Le Guen, l’UMP conserve le siège de Brest rural où Marguerite Lamour totalise 52,37 % face au maire de Brest, François Cuillandre, et celui de Châteaulin-Carhaix où, comme d’habitude, le score est serré, Christian Ménard ne retrouvant son siège qu’avec 50,19% des voix. Reste maintenant à savoir quel prolongement ce résultat départemantal inattendu aura sur les prochaines municipales. À Quimper, où la députée sortante a probablement payé une certaine atonie de la vie municipale, la ville est désormais à la portée du PS. Sur Brest et Morlaix, la droite, de toute évidence, a encore du chemin à faire.
Quimper. Urvoas élu
Urvoas a repris, hier, la circonscription de Quimper-Fouesnant-Briec ancrée à droite depuis quatorze ans. Le candidat PS l’a emporté sur la députée UMP sortante Marcelle Ramonet à l’issue d’un imprévisible scénario électoral. Au vu des résultats du premier tour, à participation égale - ce qui fut le cas : + 0,7 % d’un tour à l’autre -, le challenger pouvait espérer un maximum d’environ 46 % des suffrages. Il a remporté le second tour avec 52,13 % des suffrages exprimés et 2.417 voix de plus que la candidate de droite Marcelle Ramonet, donnée favorite dans le courant de la semaine après le ralliement de la candidate du MoDem Isabelle Le Bal (9,8 % au premier tour). C’est très nettement à Quimper que Jean-Jacques Urvoas a fait la différence. Les électeurs lui ont accordé 56,69 % des suffrages. Il a raflé les trois cantons quimpérois, alors que sa rivale UMP a conservé les cantons fouesnantais (55,9 %) et briécois (54,4 %). Les Quimpérois ont assez nettement voté à gauche à tous les scrutins survenus depuis les municipales 2001 gagnées par la droite. On voit mal comment une gauche unie pourrait y rater le coche de 2008.
Jean-Jacques Urvoas (PS) : 52,13 % .
Brest centre. Adam réélue
Députée sortante, la socialiste Patricia Adam conserve son siège. Dans cette circonscription où le taux de participation a été inférieur à 60 %, elle l’a emporté haut la main avec 55,51 % des voix sur son adversaire UMP Jean-Yves Le Borgne, auteur d’un bon premier tour, mais qui réalise près de trois points de moins que la candidate de droite Claudine Péron aux législatives de 2002. Le candidat du MoDem, Yves Pagès, s’était désisté en sa faveur, mais visiblement cet appel n’a pas été, loin s’en faut, suivi d’effets. Âgée de 54 ans, Patricia Adam peut se targuer d’avoir, jusqu’ici, effectué un parcours politique sans faute. Élue en 1989 au conseil municipal de Brest, où elle était adjointe au tourisme et aux relations internationales, elle est ensuite devenue maire adjointe de Saint-Marc en 1995. Élue conseillère générale en 1998, elle a été réélue à l’assemblée départementale en 2004. Elle y préside la commission de l’action sociale. Présidente de l’association Nautisme en Finistère, Patricia Adam siège depuis 2002 au Palais Bourbon.
Patricia Adam (PS) : 55,51 %. Jean-Yves Le Borgne (UMP) : 44,49 %.
Brest rural. Lamour réélue
Les électeurs de Brest rural ont réélu, hier, l’UMP Marguerite Lamour à la députation par un score plus large qu’en 2002 où son adversaire était déjà le maire PS de Brest François Cuillandre. En 2002, Marguerite Lamour l’avait emporté avec 51,84 % des suffrages et 2.000 voix d’avance sur le député sortant d’alors, François Cuillandre. En 2007, l’écart entre les deux finalistes du second tour est encore plus net : la maire UMP de Ploudalmézeau obtient 2.762 voix de plus que son challenger PS (52,37 % contre 47,63 %). Marguerite Lamour l’emporte dans 28 des 33 communes de la circonscription, obtenant ses meilleurs scores sur Plourin (70,28 %), Coat-Méal (67,67 %), Ploudalmézeau (67,14 %), Plouguin (64,65 %) et Landunvez (64,27 %). À l’inverse, François Cuillandre ne vire en tête que dans cinq communes : Milizac (la plus partagée, avec 50,13 %), Plouzané (52,70 %), Brest (56,03 %), Lampaul-Plouarzel (59,15 %) et surtout sur l’Ile Molène (70,49 %), dont François Cuillandre est l’enfant du pays.
Marguerite Lamour (UMP) : 52,37 %. François Cuillandre (PS) : 47,63 %).
Morlaix. Lebranchu réélue
On la disait en difficulté. Elle-même, secouée par la bérézina de la gauche dimanche dernier, affichait son inquiétude à l’approche d’un second tour au résultat incertain. Mais au final, il n’y a pas eu photo et encore moins de coude-à-coude : Marylise Lebranchu a sauvé haut la main le siège de député qu’elle détient depuis 1997 en l’emportant largement sur son concurrent de l’UMP, Gilles Caroff. Avec près de neuf points d’écart, 54,38 % contre 45,62 %, le score est sans appel. La députée sortante s’offre même le plaisir d’améliorer son résultat de près d’un point et demi par rapport à 2002. « Je suis très contente. Contre toute attente, les Français ont dit oui à la démocratie. Nous avons aujourd’hui les moyens d’organiser une vraie opposition ». Si le Léon penche toujours à droite, la gauche démontre que le bastion de Saint-Pol-de-Léon n’est plus imprenable. Marylise Lebranchu y fait quasiment jeu égal avec Gilles Caroff, qui la devance toutefois d’une courte tête (51,28 % contre 48,71 %). La candidate PS arrive en tête dans 36 des 54 communes de la circonscription. Parlant « d’une très bonne campagne », Gilles Caroff est resté serein à l’annonce des résultats. « Ce n’est pas la fin du monde », a-t-il déclaré.
Landerneau-Landivisiau. Le Guen réélu
Avec 49,08 % des suffrages au premier tour, Jacques Le Guen pouvait envisager sa réélection avec sérénité. Mais, dans la cinquième également, la gauche a offert une belle résistance à la vague bleue. Certes, il n’y a pas eu de miracle, le député sortant récoltant 54,80 % des voix. « On est content. On a bien progressé par rapport à la présidentielle. C’est clair, les voix du MoDem sont allées majoritairement vers l’électorat de gauche », commente Jacques Le Guen qui s’était assis dans son fauteuil de député en un seul tour en 2002. Il constate « qu’au plan national, un même retour de manivelle s’était opéré en 1988. La TVA sociale nous a coûté une centaine de sièges », peste le député. Malgré la défaite, la candidate PS, Chantal Guittet, trouve des motifs de satisfaction. « J’ai vraiment réalisé une belle progression entre les deux tours, passant de 28,09 % à 45,20 %. Bien sûr, je n’ai pas gagné. Mais, pour une première expérience, c’est très encourageant. On m’a beaucoup dit que c’était impossible parce que je n’étais pas élue et peu connue. Un tel résultat prouve que la démocratie en France existe ».
Jacques Le Guen (UMP) : 54,80 %. Chantal Guittet (PS) : 45,20 %.
Carhaix-Châteaulin. Ménard réélu
L’écho de la rue le donnait gagnant haut la main et pourtant, c’est seulement avec 230 voix d’écart sur le finaliste socialiste, Richard Ferrand, que le député sortant, Christian Ménard, leader départemental de l’UMP, sauve son siège sur la 6 e circonscription, la plus vaste du département. En 2002, c’est aussi à une poignée de voix (163), qu’il avait volé la vedette à Kofi Yamgnane (PS), le très médiatique maire de Saint-Coulitz de l’époque. Richard Ferrand, qui fut en son temps attaché parlementaire de Kofi Yamgnane, était parti à cette élection avec un handicap : la candidature d’un autre leader de gauche sur la circonscription, le maire de Carhaix, Christian Troadec. Richard Ferrand a réussi à remonter son score de manière spectaculaire, puisqu’il talonne, au final, le député sortant. Une remontée qui n’aura pas suffi. Sa victoire, Christian Ménard la doit à son fief, Châteauneuf-du-Faou, dont il est le maire, ainsi qu’aux communes de ce canton. La presqu’île de Crozon l’a plébiscité également, tout comme les communes littorales du Porzay. Le pays de Châteaulin a également voté pour lui, tandis que les cantons de Carhaix, Huelgoat et Daoulas lui ont plutôt préféré le candidat socialiste.
Douarnenez. Le Loch élue
Hier, Annick Le Loch (PS) a créé une des grosses surprises de ce second tour des législatives en battant sa rivale de l’UMP, Hélène Tanguy, députée sortante. Annick Le Loch est arrivée en tête des suffrages avec 51,01 % des voix, laissant 48,99 % des suffrages à sa concurrente. Hélène Tanguy était pourtant sortie en tête du premier tour et avait même amélioré son score de 2002 de près de six points, en engrangeant 36,33 % des voix. Le positionnement de Michel Canévet, candidat UDF-MoDem, en sa faveur, lundi dernier, assurait sur le papier un matelas de 19,51 % supplémentaires à la députée-maire du Guilvinec. Mais le report de ses voix ne s’est pas opéré comme attendu. Pour preuve : à Plonéour-Lanvern, commune de Michel Canévet, les 51 % réussis par le centriste au premier tour se sont surtout reportés sur le PS qui a atteint le score de 53,80 %. Score qui faisait débat hier soir dans le camp UMP. Il n’est pas le seul à expliquer cependant la victoire d’Annick Le Loch. Celle-ci a aussi remobilisé les 32,25 % d’abstentionnistes du premier tour. La semaine passée, le PS a battu le pavé de Douarnenez et du canton de Plogastel-Saint-Germain. Tactique payante au grand dam d’Hélène Tanguy, dont le QG était en pleurs hier soir.

Annick Le Loch (PS) : 51,01 %. Hélène Tanguy (UMP) : 48,99 %.
Concarneau-Quimperlé. Le Bris réélu
En 2002, il l’avait battue de justesse avec 50,97 % des suffrages exprimés : dans la 8 e circonscription, le socialiste Gilbert Le Bris l’emporte, cette fois, largement avec 53,48 % contre la candidate de l’UMP Jeanne-Yvonne Triché. Dans sa ville de Concarneau, il s’offre même un petit plaisir en devançant sa rivale de quelques voix, alors qu’en 2002, elle avait obtenu 100 suffrages de plus que lui. Quant à l’autre pôle urbain de la circonscription, Quimperlé, il a accordé sans surprise 58,13 % des voix au socialiste. Plusieurs explications à cette victoire plus large que prévu. D’abord, les électeurs ont été un peu plus nombreux (66,18 % contre 65,81 %). Et surtout, Gilbert Le Bris a obtenu d’excellents reports de voix : les électeurs d’extrême gauche, notamment, ont voté massivement en sa faveur. Quant à Jeanne-Yvonne Triché, qui était dans une situation difficile, elle semble avoir attiré une bonne partie des électeurs centristes du premier tour. Droite et extrême droite culminaient à 38,52 %, tandis que la candidate du MoDem obtenait 7,48 %. Avec 46,52 % des voix, la candidate de l’UMP a donc puisé largement au centre, représenté il est vrai par la chef de file de l’opposition concarnoise.
Gilbert Le Bris (PS) : 53,48 %. Jeanne-Yvonne Triché (UMP) : 46,52 %.

René Perez. 18/06/2007

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