Pas de doute : la Bretagne est une terre de gauche. Arrivée légèrement en tête au premier tour, avec 28,1 % contre 27,8 % à son adversaire de droite, Ségolène Royal a transformé l’essai hier. La candidate socialiste a devancé assez largement Nicolas Sarkozy. Le résultat de la Bretagne est presque l’exact inverse du score national :
52,62 % contre 47,38 %.
Mieux que Jospin en 1995
Ségolène Royal arrive en tête dans trois départements : les Côtes-d’Armor, le Finistère et l’Ille-et-Vilaine. Seul le Morbihan a voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy (51,12 % contre 48,88 %). Ce n’est pas une surprise, ce sont les Côtes-d’Armor qui ont donné son meilleur score à la candidate socialiste, avec 55,53 % des suffrages. Plus étonnant est son score dans le Finistère, où elle atteint presque les 54 %. En Ille-et-Vilaine, Ségolène Royal dépasse les 52 %. Dans les quatre départements bretons, Ségolène Royal fait mieux que Jospin en 1995. Cette année-là, le candidat de la droite - Jacques Chirac - l’avait emporté dans trois départements sur quatre. Ce renversement des positions est particulièrement net dans le Finistère où Ségolène Royal améliore de plus de quatre points le score de Lionel Jospin et en Ille-et-Vilaine, où elle fait trois points de mieux.
Royal souveraine dans les villes
Le scrutin d’hier confirme la très forte implantation de la gauche dans les zones urbaines. La candidate socialiste l’emporte dans quasiment toutes les grandes et moyennes villes, avec parfois des scores assez impressionnants. C’est le cas à Brest, avec 56,87 % des suffrages, et à Landerneau, avec plus de 57 %. Toujours dans le Finistère, très étonnant est le score de Ségolène Royal à Quimper, ville dirigée par une municipalité de droite. Elle y dépasse les 59 %. Dans le Morbihan, la candidate socialiste domine haut la main son concurrent à Lorient (54,50 %), alors que le résultat du premier tour ne lui donnait pas un avantage décisif. Nicolas Sarkozy la bat logiquement à Vannes (52,85 % contre 45,15 %), mais sur un score qui est sans doute en deçà des espérances de l’actuelle municipalité de droite. Dans les Côtes-d’Armor, Saint-Brieuc, ville dirigée par un UDF, la met à plus de 58 %. Le score breton le plus impressionnant est, sans conteste, celui obtenu à Rennes où la candidate socialiste n’est pas loin des 63 % (62,71 % très précisément). Ces scores élevés de la gauche en Bretagne ne peuvent s’expliquer que par un bon report des voix qui s’étaient portées sur François Bayrou au premier tour. Sous réserve d’une étude approfondie, il est probable que la candidate socialiste a bénéficié, du moins dans les zones urbaines, d’une grande majorité des suffrages du candidat de l’UDF qui, rappelons-le, avait réalisé le 22 avril en Bretagne l’un de ses meilleurs résultats. Le report des voix de Bayrou : là encore, la Bretagne était hier à contre-courant d’une grande partie de la France. Une donnée qui, dans la perspective des législatives, n’est pas sans importance.
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Yvon Corre . 07/05/2007.