TIR
(Pistolet à air comprimé, à 10 m sur cibles fixes, 20 plombs) « C’est la première épreuve, celle qui exige le plus de concentration. Peut-être, aussi, celle où il y a le plus de tension. Au commandement, vous avez quarante secondes pour tirer, et cela vingt fois.
Ce n’est pas, a priori, mon point fort. Je suis quelqu’un qui aime bouger, rester immobile m’a demandé un effort, surtout au début. Mais c’est une discipline dans laquelle il y a beaucoup à apprendre sur soi. Tout le travail de visualisation et de respiration est intéressant, il vous permet de gagner en sérénité et en confiance. Bizarrement, plus vous êtes détaché du résultat, de l’enjeu, mieux vous tirez. Il y a mille chemins pour réussir. Pour l’instant, je me situe dans la moyenne des pentathlètes. Mon record est de 187 points sur 200 possibles. Au championnat du monde (4 e place finale, ndlr), j’avais fait 177. »
ESCRIME
(Épreuve à l’épée, assauts d’une touche en une minute contre ses 35 adversaires) « On rencontre tous ses adversaires en une minute et une seule touche. Si, au bout de cette minute, personne n’a touché l’autre, il y a double défaite. Certains sont du genre à jouer la double défaite, justement. Pas moi, je suis joueur. J’aime laisser venir mon adversaire pour mieux le contrer. L’épreuve demande des qualités de puissance et d’explosivité. Pas mal d’endurance aussi, car cela dure environ trois heures. Et puis, il faut savoir construire sa touche, mettre en place des stratégies, avoir un certain sens tactique. Personnellement, j’essaie d’imposer mon jeu. L’important, que l’on touche ou pas son adversaire, c’est de savoir reprendre aussitôt son calme. Comme en tir, je manque encore d’expérience et de maturité mais je suis capable de sortir de bons concours. L’objectif, c’est toujours de compter plus de victoires que de défaites à l’arrivée. »
NATATION
(200 m nage libre) « A la base, je suis nageur. J’étais membre du Pôle France natation de Font-Romeu quand j’ai découvert le pentathlon à 18 ans. Ma spécialité, c’était le 200 m papillon. J’ai été champion de France cadet dans cette discipline. Là, il s’agit d’un 200 m crawl. Bien sûr, ma chance, c’est de disposer d’une bonne base technique. Cela m’a permis de garder le même niveau de performance quand je suis passé de 60 à environ 15 km de natation par semaine. En grand bassin, quand je descends sous les deux minutes, je me situe parmi les cinq premiers à tous les coups. C’est souvent à ce moment-là que je bascule dans la première partie de tableau. Un 200 m nécessite pas mal d’énergie mais l’objectif est d’avoir une nage la plus économique possible avant d’enchaîner sur les deux dernières épreuves. Mon vécu de nageur m’a apporté la rigueur dans l’entraînement et l’esprit d’endurance. »
ÉQUITATION
(Parcours avec 12 obstacles, dont un double et un triple. Le cheval, tiré au sort, n’est connu du concurrent que vingt minutes avant le départ) « C’est notre juge de paix ! Les chevaux sont tirés au sort et il faut une grosse qualité d’adaptation pour en tirer le meilleur. Toute l’année, je m’entraîne à la Garde républicaine de Vincennes avec l’adjudant Leblay et à l’École nationale d’équitation de Saumur sous la forme de stages : cela m’a permis d’acquérir un bon niveau technique. Le lot de chevaux, à Pékin, devrait être à peu près le même que celui que l’on avait eu lors d’une étape de Coupe du monde en septembre 2007. J’avais tiré "Profite Day ", le bien nommé (sourire) mais, dans l’ensemble, le lot était délicat, les chevaux très différents les uns des autres. Le parcours sera, je pense, sélectif. Généralement, je suis assez câlin avec mon cheval. Je suis du genre à lui parler, à lui dire "Allez mon coco, on y va !". C’est un moyen pour moi de rentrer dans la compétition. »
COURSE A PIED
(3.000 m, l’ordre des départs est donné selon le nombre de points accumulés, du premier au dernier) « C’est mon deuxième gros point fort. Ma marge de progression y est même plus importante qu’en natation. La course se déroule selon le principe du "handicap start" c’est-à-dire que les départs se font selon les points accumulés lors des quatre épreuves précédentes, ces points étant convertis en secondes. À l’arrivée, le classement de ce 3.000 m vous donne le classement général. J’aime bien ça, d’autant que j’ai plutôt tendance à doubler ceux qui sont devant moi. Là, je débranche le cerveau, je me concentre sur ma foulée, je cours au train et j’essaie de terminer fort. Je ne suis pas très objectif mais, franchement, je ne me sens jamais rassasié du pentathlon. C’est un beau sport dans lequel vous ne cessez jamais d’apprendre. Pour les enfants, il est très épanouissant. Il développe les qualités motrices, la maîtrise de soi, le respect des autres, le tout sous une forme ludique. Au final, on n’est pas aussi bon coureur qu’un coureur de haut niveau, pas aussi bon nageur qu’un excellent nageur etc, mais on sait tout faire. Les journées d’entraînement sont rudes mais je m’éclate. »