Deuxièmes en 3’26’’63 derrière les intouchables Russes, les filles du relais 4x400 m ont répondu aux exigences de Franck Chevallier, le directeur technique national. Phara Anacharsis, Thélia Sigère, Virginie Michanol et Solen Désert seront du voyage à Pékin.
Dos bloqué
« C’est un énorme soulagement », assurait, hier, la Stadiste brestoise qui revient de loin. « Je me suis bloquée le dos mercredi dernier à l’entraînement. Jusqu’à quelques heures du départ, je ne savais pas si j’allais courir. Je devais prendre le départ du relais mais comme je n’arrivais pas à m’agenouiller dans les starting-blocks, je me suis retrouvée en troisième position. Ça a quand même fonctionné. » Libérée d’un poids, Solen Désert, 26 ans, ne se contentera pas du relais. « Mon objectif, c’est l’épreuve individuelle. Il faut que je réalise les minima (51’’00). » Pour l’instant, l’élève de Laurent Le Bras n’a fait qu’une bonne course, le 15 juin à Varsovie (52’’19). « Maintenant, il faut que ça descende. De toute façon, pour être performante aux Jeux, il faudra courir en moins de 51’’. Je ne comprendrais pas si je ne faisais pas les minima. » Motivée comme jamais, la Brestoise sera à Milan le 4 juin et à Reims le 8.
Guégan en quête des minima
Elodie Guégan devrait accompagner Solen Désert en Chine. Deuxième à Annecy du 800 m en 2’01’’65, la Morbihannaise du Cima Pays d’Auray a prouvé qu’elle savait tirer son épingle du jeu dans une course au couteau. « C’était lent, avec des bousculades et des chutes. Je fais une bonne dernière ligne droite, ça m’a rassuré sur mon finish mais j’aurais aimé gagner. » Gagner, Elodie l’a déjà fait à deux reprises : à Moscou le 10 juin en 1’59’’85 et à Prague le 16 juin en 2’01’’55. Le hic, c’est qu’elle n’a pas encore les minima en poche (1’59’’40). « Pour ça, il n’y a pas de secret : il faut courir en Golden League. Maintenant, il faut y entrer... » René Auguin, manageur de la plupart des stars de l’athlétisme français, négocie pour lui trouver un couloir à Rome, le 11 juillet. En attendant, Elodie courra le 5 à Madrid, sans pression particulière. « Je suis quand même sereine car j’ai travaillé toute l’année, je me sens plus forte que l’an passé. Je vais aller aux Jeux, je ne peux pas imaginer l’inverse. » L’athlétisme breton non plus.
Il a fallu un peu de temps à Solen Désert pour digérer son échec sur l’épreuve individuelle. « À chaud, j’étais très déçue. Mais les minima étaient difficiles à atteindre. Il m’a manqué quelques courses pour descendre sous les 51 secondes. »
La Brestoise, championne de France pour la 4 e fois en 51’’80, a maintenant accepté de ne courir que sur le relais 4x400 m à Pékin. « Je l’ai accepté d’autant plus facilement qu’on aura une carte à jouer. Ce relais était autrefois celui sur lequel on ne comptait jamais. Là, on a le 4 e temps d’engagement. » Deuxièmes de la Coupe d’Europe le 22 juin à Annecy en 3’26’’63, les Bleues ont, depuis, largement haussé le ton. À commencer par Solen qui a, depuis, gagné une seconde et demie sur le tour de piste. « Il y a une aventure collective à vivre. On était rivales sur la piste. Aujourd’hui, on est coéquipières », assure la jeune mariée (depuis juin), associée à Phara Anacharsis, Thélia Sigère et Virginie Michanol, son ex-partenaire au Stade Brestois.
« L’aboutissement de dix ans de travail »
Il reviendra au quatuor de clore la dernière soirée d’athlétisme à Pékin, le samedi 23 août. Du moins si le cap des séries est franchi, la veille. « Ce seront mes premiers Jeux, je voulais absolument en être. » Conseillée depuis cette saison par Stéphane Caristan, Solen Désert ne se voyait pas aller en Chine sans Laurent Le Bras, son coach de toujours. « Pour lui aussi, c’est l’aboutissement de dix ans de travail. » D’un geste élégant, l’élève a décidé de prendre à sa charge le voyage de son entraîneur en Chine.
Ses jours J : vendredi 22 août, séries du 4x400 m féminin (13 h 40, HF) ; samedi 23 août, finale du 4x400 m féminin (14 h 40, HF).