Il devait devenir champion de France ou renouveler une performance sous les minima olympiques (4’18’’40) afin d’obtenir son billet pour les JO Pékin. Homme de défi, le Quimpérois Pierre Henri n’envisageait rien d’autre que de réussir l’un et l’autre pour prouver, une fois de plus, sa classe de valeur internationale. Magistral dominateur de la finale du 400 m 4 nages, le jeune Breton de 25 ans a réalisé 4’18’’23 et relégué son second à plus de sept secondes. Plus que sa performance du jour, c’est bien sûr cette qualification olympique qui a donné le plus d’émotion au leader de la natation bretonne.
Seul et loin devant
« Depuis tout petit, les JO étaient un rêve. Après mes bons championnats d’Europe (6 e en 4’17’’80) je savais que j’en étais tout proche. Mon principal adversaire, Sébastien Rouault, ayant renoncé à courir sur ma distance, je savais que le titre était pratiquement sûr. Mais il fallait quand même que je donne le maximum en finale pour me rassurer sur mes temps ». Parti très fort, Pierre Henri fut longtemps en avance sur le record de France (4’16’’99). Mais, lors du dernier 100 m crawl, il céda du terrain et dû se « contenter » d’un temps supérieur de 43 centièmes à son record d’Eindhoven. « J’ai été seul toute la course. Il m’a manqué d’adversaires pour me pousser dans le final. J’ai besoin d’être à la bagarre jusqu’au bout, sentir quelqu’un près de moi pour me surpasser ». Là était sa seule petite déception du jour.
Un record de France à Pékin ?
Qualifié pour Pékin, Pierre Henri se sent soulagé. « Maintenant c’est sûr, j’irai là-bas et ce ne sera pas pour des vacances. Je veux être meilleur que jamais. À Pékin, j’espère au moins battre le record de France. Pour le reste, on verra sur place... ». Son objectif immédiat atteint, Pierre Henri restera quand même à Dunkerque toute la semaine pour disputer d’autres épreuves. « Je suis engagé mardi sur le 200 m papillon, jeudi sur le 200 m 4 nages et samedi sur le 1.500 m nage libre ». Il sera au départ sans espérer d’autres minima olympiques : « Ils sont hors de portée, mais j’aimerais quand même conserver mon titre national sur le 200 m 4 nages ». Rien d’impossible pour ce champion en plein essor qui n’a sans doute pas fini de nous épater. Il reviendra en Bretagne dans une dizaine de jours pour quelques vacances. Le rêve étant devenu réalité, il sera ensuite temps de se préparer pour ces fameux Jeux de Pékin...
Pierre Henri s’est envolé il y a déjà une semaine pour Pékin, direction le village olympique. Il faut dire que le natif de Combrit Sainte-Marine sera le premier Bleu à investir le fameux « Cube d’eau », l’enceinte (presque) aussi démesurée que le « Nid d’oiseau » dévoué à l’athlétisme tout proche.
C’est donc à lui que reviendra l’honneur d’emmener la plus belle sélection tricolore jamais constituée. « On devrait ramener pas mal de médailles de Pékin, notamment en sprint », avance le spécialiste du 400 m 4 nages.
« Prendre des risques »
Lui n’aura pas cette prétention. Figurer parmi les huit meilleurs temps des séries, c’est-à-dire entrer en finale, serait déjà un authentique exploit pour le vice-champion d’Europe junior de 2001. « Il faudra nager en moins de 4’15’’ », pronostique l’élève de Philippe Lucas au Canet. Son record personnel, établi lors des derniers championnats d’Europe, le crédite pour l’instant d’un temps de 4’17’’80, loin, très loin derrière l’extraterrestre Michael Phelps, auteur d’un époustouflant 4’05’’25 lors des sélections US, de Ryan Lochte, l’autre Américain, et du Hongrois Laszlo Cseh. « Je vais devoir prendre des risques, c’est sûr. »
Ses jours J : samedi 9 août (12 h 30, HF), séries du 400 m 4 nages messieurs ; dimanche 10 août (4 h, HF), finale du 400 m 4 nages.