25 août 2004. Faustine Merret décroche le titre suprême, arraché dans la dernière manche. Le coup est magistral. Époustouflant. La Brestoise en finit avec douze années de disette olympique pour la France, comble tous ceux qui l’apprécient et suscite une incroyable vague d’émotions. Mais voilà, si Faustine
a décroché la lune des sportifs de haut niveau, elle en veut encore. En septembre 2005, elle décide de partir à nouveau à la conquête de l’or olympique. Un sacré pari car cette nouvelle olympiade est celle de bien des modifications. La moins importante n’est pas la nouvelle planche qui atténue l’importance de l’intelligence de course, la marque incontestable de Faustine, au profit de la prééminence des réglages techniques et du gabarit. Ces quatre années l’ont vu également donner la priorité à l’obtention de son diplôme de professorat de sport. Avec la réussite au bout mais au prix d’un difficile exil temporaire à Paris loin de ses rivages natals et de sa planche... Autant de perturbations qui expliquent un palmarès moins fourni qu’à l’orée des JO 2004.
Des objectifs ambitieux Mais ceux qui la connaissent le savent bien : rien ne peut l’arrêter. Sa pugnacité lui a, une fois encore, permis de déjouer toutes les difficultés que comporte une olympiade, surtout quand on est la championne en titre et que forcément, on est attendue au tournant. « J’ai un statut à assumer. Cependant, une autre hiérarchie s’est installée depuis. Je ne suis plus celle qui domine mais celle qui est en embuscade et qui peut faire un gros coup. C’était un peu pareil à Athènes. À Qingdao, j’espère montrer rapidement que je suis la patronne. Dans les manches de petit temps, je vais y aller à fond quitte à me mettre dans le rouge », annonce la jeune femme. « Je serais déçue si je manquais le podium. Tout peut arriver mais si je passe à côté, je ne veux surtout pas avoir à me dire que c’est de ma faute parce que j’ai commis une grossière erreur. Je ne veux pas provoquer la chance des autres comme cela a été le cas lors du Mondial l’hiver dernier en Nouvelle-Zélande mais jouer ma carte à fond ». Une chose est sûre, la bagarre en Chine - qui va durer dix jours - va être serrée. Celle qui sera la plus résistante mentalement l’emportera sans doute. Faustine Merret, pour sa part, n’a jamais manqué un grand rendez-vous. Mesdames et messieurs les Bretons, suivez votre guide !
Ses jours J : RS : X (planche à voile) dames, du 11 au 20 août (manches de réserve les 21 et 22)
Perrine Vangilve. 04/08/2008