Les jeunes bretons sont de plus en plus nombreux à être propriétaires. Aujourd’hui, 18 % des acquéreurs finistériens ont moins de 30 ans. Dans les Côtes-d’Armor, ils ne sont que 14 %, mais c’est trois points de plus qu’en 2003. Dans une ville comme Lorient, la part des acheteurs de moins de 30 ans est de plus de 27 % contre 23 % quatre ans plus tôt. La hausse des prix n’a visiblement pas mis un frein au désir des jeunes de devenir propriétaires. A moins qu’il s’agisse, face à la hausse des loyers, d’un simple calcul rationnel.
Mieux vaut s’endetter, même lourdement et pour longtemps, plutôt que de payer des loyers toujours de plus en plus élevés.
Budget moyen de 84.000 à 117.000 euros
Qu’achètent les jeunes ? « Ce sont en général des petits logements qu’ils revendent dès que la famille s’agrandit », expliquent les notaires. Dans les Côtes-d’Armor, 46 % des acquéreurs de moins de 30 ans achètent une maison, 31 % un terrain à bâtir et 23 % un appartement. Une répartition qui est grosso modo la même dans le Finistère et en Morbihan. En Ille-et-Vilaine, la part des appartements est par contre très nettement majoritaire. Le budget moyen varie selon les départements. Il va de 84.000 euros dans les Côtes-d’Armor et le Finistère à 117.000 en Ille-et-Vilaine. Mais certains jeunes n’hésitent pas à investir beaucoup plus. Jusqu’à 130.000 euros. « On voit de plus en plus de jeunes couples qui s’endettent sur une très longue durée, 25 ou 30 ans, avec parfois des mensualités qui peuvent aller jusqu’à 1.000 euros », observe un négociateur finistérien. La hausse des prix n’est pas la seule explication. « La plupart des jeunes n’ont aucun apport, ce que l’on ne voyait pas il y a quelques années », souligne ce même négociateur.
Exclus du littoral
En général, ils choisissent d’investir dans les villes ou à proximité de manière à bénéficier des services. Ainsi, à Brest, 38 % des appartements sont vendus à des jeunes. Des jeunes qui, on ne sera pas surpris, sont quasiment totalement exclus du littoral. Sur le littoral sud du Finistère ou sur le secteur Golfe dans le Morbihan, seulement 3 % des acquéreurs ont moins de 30 ans.
Y.C.