Globalement, le prix des biens immobiliers a continué à croître en 2007. Mais finies les hausses à deux chiffres. 2006 avait déjà enregistré un ralentissement de la hausse, il s’est poursuivi l’année dernière. Sur l’ensemble de la Bretagne, selon les chiffres des notaires de la région, le prix moyen des maisons anciennes a progressé de 4 % l’année dernière. Pour les appartements anciens, le prix au mètre carré a augmenté de 3 %, pour les appartements neufs de 9 %. Des chiffres qui masquent toutefois un très fort contraste entre le début et la fin de l’année. Les troisième et quatrième trimestres ont vu, excepté pour les appartements neufs, un nouveau palier dans le ralentissement de la hausse. Pour les maisons anciennes, il s’agit même carrément d’une forte baisse des prix : - 6,3 %.
Attentisme
Sur le terrain, les notaires confirment la tendance. « La fin de l’année 2007 a été très mauvaise. On n’a pratiquement pas signé de compromis », observe M e Henry Maurey, notaire dans les Côtes-d’Armor. Un constat que fait également M e Hubert de Chatelperron, notaire dans le Morbihan : « Nous avons eu un sacré coup de frein sur le volume des transactions et les délais pour vendre un bien ont été doublés, voire triplés.
» « Il y a de l’attentisme de la part des acquéreurs », confirme M e Loïc le Goff, notaire à Trégunc (Sud-Finistère). Des acquéreurs qui misent sur une baisse des prix. Pour autant, peut-on parler d’un écroulement du marché ? Absolument pas. « La demande est toujours forte », remarque M e Maurey. « Notamment sur la côte. » Le problème, c’est l’adéquation entre l’offre et la demande. En clair, pour que le marché reste dynamique, il faudrait que les vendeurs admettent que la hausse est terminée. Comme le dit un notaire, ce que l’acquéreur donne en remboursement des intérêts, il ne peut plus le donner au vendeur. « A partir d’un certain niveau de prix les acheteurs deviennent rares. » « Au-delà de 200.000 euros, on met beaucoup plus de temps à vendre », confirme un négociateur de l’étude de la Presqu’île à Crozon.
« C’était de la folie »
Quelles perspectives pour 2008 ? En Bretagne, les professionnels semblent assez sereins d’autant que, depuis un mois, les signatures de compromis semblent reprendre. Un frémissement qui reste toutefois à confirmer. Pour M e Maurey, 2008 sera une année charnière. « On a tourné la page des fortes hausses, on va vers une stabilité des prix, voire une légère baisse. » Une évolution du marché qui n’est pas forcément pour déplaire aux professionnels et, bien sûr, à tous ceux qui espèrent devenir propriétaires. « C’était de la folie. On est finalement assez contents que ça se calme. Evaluer une maison était devenu difficile, les vendeurs voulaient toujours anticiper des hausses. » Aujourd’hui, comme le dit un notaire, le rapport de forces s’est inversé. Même si les acheteurs ne peuvent pas espérer d’importantes baisses de prix, il est désormais plutôt en leur faveur.