LES DÉBUTS. « Le hand à Carantec est né en 1971 avec une équipe de cadettes formées au collège de la commune. Elle a été montée par Yves Le Diuzet, notre prof d’anglais, qui nous entraînait aussi en club. On jouait en extérieur, parfois sur des parkings. Certains terrains étaient en pente,
ou il fallait les balayer avant le match ! La première année, on a gagné la Coupe du Finistère contre Henvic. La saison suivante, on était championnes de Bretagne cadettes. »
LA MONTÉE EN PUISSANCE. « Très vite, on a gravi les échelons en seniors. En 75-76, on a raté de peu la montée en Nationale 2 (la deuxième division à l’époque). La saison suivante, on a terminé invaincu. On jouait contre Le Folgoët, Hennebont, Douarnenez, Trébeurden, le CPB Rennes... Nous avons ensuite fait le grand chelem en barrages d’accession et on est monté en N2. Il n’y avait pas toujours beaucoup de buts. Les matchs se finissaient parfois sur des scores de 8-6, 11-8... Les gardiennes devaient être trop fortes. Ou alors les buts étaient plus petits que maintenant... »
LES ANNÉES FASTES. « Les années en Nationale, c’est que du bonheur ! La plupart d’entre nous avions une vingtaine d’années. On prenait le train pour aller jouer en région parisienne. C’était la fête ! On était des privilégiées, même si on s’entraînait dur. Il y avait de la pression. On a fonctionné durant plusieurs années avec le même noyau de joueuses. Nous étions des filles de caractère, qui formaient un groupe soudé. On était intouchables ! (rires) La première saison en N2, en 77-78, on a failli monter en N1. Nous avons fini deuxièmes derrière Conflans-Sainte-Honorine. À domicile, on jouait à Morlaix, salle Aurégan. Il y avait parfois 1.000 spectateurs. C’était impressionnant. L’ambiance était terrible, les spectateurs chauvins. On a ensuite déménagé à Carantec, où la salle du Kelenn a été construite en 1979. Il fallait souvent ajouter des rangées de chaises au bord du terrain. Nos adversaires étaient surprises de pouvoir s’échauffer sur la plage, juste à côté. »
LA PENTE DESCENDANTE. « On a commencé à vieillir, à approcher la trentaine. En plus des matchs, il y avait le boulot. Et plusieurs filles sont tombées enceintes. La saison 84-85 a été notre dernière en Nationale. L’année suivante, on a fini premières, mais on a refusé de monter car l’effectif était trop juste. On a alors été rétrogradé en départementale. »
LE COME-BACK. « Après voir accouché, toutes les joueuses ont repris, davantage pour le plaisir. On est remonté deux fois de rang, jusqu’en excellence régionale, le niveau juste en dessous la Nationale. Mais on n’est pas allé plus haut. »
LE PRÉSENT. « Il y a aujourd’hui 102 licenciés à Carantec, davantage de gars que de filles. Depuis cinq ans, nous sommes en entente avec Taulé. L’équipe 1 féminine est en Honneur régional. Le hand a vraiment beaucoup évolué. Nous, on jouait sans résine, les roucoulettes n’existaient pas ! On est impressionné par la vitesse et la technique des joueuses. »