19h30, vendredi 23 novembre dans la fraîcheur de la salle omnisports de Mauron. Alors que les basketteurs rentrent leurs derniers paniers, les handballeuses se préparent à débuter leur entraînement hebdomadaire, qui est dirigé par l’animatrice communale. Des handballeuses, mais aucun handballeur. Pas un seul mec à se mettre sous la dent pour la trentaine de licenciées du HBC Mauronnais. Et ça fait dix ans que ça dure !
« Nos amoureux
font tous du foot ! »
« Non, il n’y a jamais eu de garçons chez nous. Pas même un dirigeant », confirme Anne-Marie Gandin, la présidente, à l’origine de la création de l’association en 1997. Un club exclusivement féminin, voilà un cas unique, ou presque (lire encadré) en Bretagne, où les licenciés messieurs sont plus nombreux que leurs homologues féminines. A Mauron, il n’y a pourtant aucune volonté d’être sectaire, de faire du hand un no man’s land. « C’est un hasard », assurent les joueuses, quoi voient une raison essentielle à la désaffection masculine : « Nos amoureux font tous du foot ! », lancent en chœur Elise, Juliette et consorts. Eh oui, ici comme ailleurs, le ballon rond a la vie dure. Difficile, voire impossible, d’y échapper.
Les mamans
ont toutes des garçons...
« Dans notre salle, il y a très peu de recul entre la ligne de but et le mur », avance également la présidente pour expliquer la difficulté à attirer les Mauronnais. « S’il y avait des hommes avec nous, les entraînements seraient plus physiques. Mais cette situation ne nous dérange pas trop », poursuit Anne-Marie Gandin, relayée par une des quinze seniors du club : « Ça m’est arrivé de croiser deux ou trois gars qui m’ont demandé des renseignements sur le hand. Mais rien de vraiment concret. » A croire que c’est une fatalité. Qu’il n’y aura jamais le moindre licencié dans ce petit club morbihannais. Quoique... Tout espoir n’est peut-être pas perdu. Parmi les joueuses, elles sont quelques-unes à être maman. Et elles ont toutes des garçons ! Une douzaine au total. Ce serait bien un comble si l’un d’entre eux ne se mettait pas un jour au handball...
Pleslin-Trigavou, Brest Métropole, Louargat...
Mauron n’est pas un cas tout à fait unique en Bretagne. La saison dernière, deux autres clubs étaient 100 % féminins : celui de Pleslin-Trigavou (22), qui comptait 12 licenciées, mais qui a été mis en sommeil cette année, et le Brest Métropole HB (29), qui entame sa deuxième saison. Il regroupe 13 copines, qui évoluaient auparavant au Brest Penn ar Bed. A Saint-Hubert de Lanouée (56), on dénombrait un seul licencié masculin (un dirigeant). Dans les Côtes-d’Armor, il n’y avait également aucune joueuse à Louargat (mais quatre dirigeants) et un seul gars (un senior) à Plouguenast. Enfin, le club de Callac, totalement féminin en 2004 lors de l’assemblée générale de la Ligue de Bretagne, compte aujourd’hui cinq jeunes joueurs parmi ses effectifs.