La maladie est arrivée sans crier gare. C’était en septembre 2004. Frédéric avait 24 ans. Subitement, il s’est mis à vomir. « Je ne pouvais plus faire 100 mètres sans être essoufflé. Lacer mes chaussures m’était devenu très difficile », raconte le jeune homme. Au début, son médecin lui parle de gastro-entérite. Mais, comme son état ne s’améliore pas, Frédéric décide de se rendre aux urgences de l’hôpital de Quimper. Le bilan hépatique est catastrophique. Les tests cardiaques révèlent également une grosse anomalie au cœur. Finalement, au bout d’une semaine, le diagnostic tombe. Il se résume en quatre lettres : HTAP, pour hypertension artérielle pulmonaire. Une maladie rare. Une maladie qui perturbe la circulation du sang à l’intérieur des poumons et qui entraîne, à la longue, des conséquences irréversibles sur le cœur.
Plus de vie sociale
Frédéric encaisse, tout en étant finalement assez soulagé qu’un nom ait enfin été mis sur le mal qui le ronge. Le moment le plus dur sera, en fait, quand on lui annoncera qu’il devra porter une pompe. « Je ne pouvais plus rien faire, même pas prendre une douche. Il y a des jours où je me levais à midi et je me recouchais à 14 heures ». Impossible d’avoir une vie sociale normale. Fini le camping, dont Frédéric est un grand adepte. « Pour partir en vacances, je devais prendre avec moi une valise de médicaments ». Mais, malgré ces médicaments et cette pompe, son état ne s’améliore pas. Au contraire. En décembre 2005, les médecins commencent à lui parler d’une possible greffe du cœur et des poumons. « J’étais assez content car c’était la perspective d’une nouvelle vie, de pouvoir refaire du sport et d’avoir un enfant avec ma copine ».
Coup de fil en pleine nuit
En avril 2006, le Quimpérois reçoit, en pleine nuit, un coup de fil du centre chirurgical Marie-Lannlongue, de Paris, spécialisé dans la chirurgie thoracique et les transplantations, pour lui dire qu’il y avait un donneur pour lui. « J’avais une heure pour dire oui ou non ». Quand l’espérance de vie est d’un an, on ne se pose pas trop de questions. Heureusement, le jeune homme se trouve à ce moment-là en vacances à Saint-Malo (35). S’il avait été à Quimper, il n’aurait sans doute pas pu rejoindre Paris à temps. Un taxi vient le chercher. Il file sur Paris. À 6 h du matin, il entre dans le bloc pour en sortir huit heures après. Avec un nouveau cœur et deux nouveaux poumons. Un mois après son opération, Frédéric pourra rentrer chez lui. Au début, il a quand même demandé à être suivi par un psychologue pour l’aider à accepter ses nouveaux organes. « Si psychologiquement on les refuse, la greffe prend moins bien ». Frédéric a presque aussitôt adhéré à l’association HTAPF France. « Le fait de parler avec d’autres personnes dans le même cas que moi m’a beaucoup aidé ».
Tout a changé
Cette greffe a tout changé pour Frédéric. Et aussi pour Solène, sa copine. « C’est difficile de voir quelqu’un qui perd ses moyens petit à petit », dit-elle. Aujourd’hui, le jeune couple peut à nouveau refaire des projets. Frédéric court, se baigne, plonge. Il a repris le travail en juin dernier. « La vie est belle », lance-t-il. Le Quimpérois n’aura jamais assez de reconnaissance pour celui ou celle qui lui a permis de recouvrer une vie normale. « Un très beau geste. Il y a quand même quelqu’un qui est mort pour moi, même s’il n’a pas choisi ».
À suivre : le témoignage d’un donneur de moelle osseuse.
La carte de donneur d’organes est gratuite. On peut en faire la demande sur le site de France-Adot : www.france-adot.org. Toutes les coordonnées des Adot départementales sont également sur ce site.
Yvon Corre. 18/09/2007.