Quelles sont les principales difficultés rencontrées ? Nous travaillons avec plusieurs services. Notre fonction est transversale. Il y a donc nécessité à être bien intégré au sein de l’hôpital. Le prélèvement d’organes est une activité qui peut mettre en difficulté le personnel.
Il faut le sensibiliser, le former. Notre rôle est de soulager les autres médecins, de manière à ce que leur travail ne soit pas alourdi par une prise en charge particulière des familles.
Comment se passent les relations avec les familles ? Le moment le plus délicat, c’est bien sûr la rencontre avec la famille. À partir de circonstances dramatiques, il faut rebondir vers quelque chose de positif. Une personne qui donne ses organes est une personne qui a eu un accident ou un incident grave mais qui, avant, était en bonne santé. Pour les familles, c’est très difficile à accepter.
Quels sont les arguments que vous faites valoir ? On essaie d’être le plus naturel et le plus transparent possible. Il faut faire en sorte que les gens parviennent à sublimer leur détresse. Pour nous, c’est plus facile quand il y a eu une discussion préalable dans la famille. Le choix est difficile car très culpabilisant. La famille a l’impression qu’on lui demande une autorisation alors que ce n’est qu’un simple témoignage.
Avez-vous beaucoup de refus ? C’est variable. Par rapport à la moyenne nationale qui est de 30 %, nous en avons peu. À Saint-Brieuc, on est à peu près à 20 % de refus sauf l’an dernier où l’on a atteint 50 %. Nous ne savons pas pourquoi ce taux a subitement augmenté. C’était une anomalie. On ne retrouve pas cela cette année.
Les personnes que vous prélevez ont-elles souvent sur elles une carte de donneur ? C’est exceptionnel que l’on ait une carte. En huit ans, je n’ai rencontré cette situation qu’une seule fois. En revanche, les familles qui ont déjà discuté du don d’organes sont moins rares que ça ne l’a été.
Constatez-vous une évolution des mentalités ? Oui. Il y a 10-15 ans quand on parlait prélèvement à une famille, elle tombait très souvent des nues. Les campagnes d’information et certains événements, comme récemment la mort de Grégory Lemarchal, font que les gens ont une meilleure connaissance des enjeux que représente le don d’organes.