À la fin de l'année dernière, plus de 7.200 personnes figuraient sur la liste des malades en attente d'une greffe. Malgré l'augmentation des transplantations - 4.426 réalisées en 2006 -, les besoins sont loin d'être satisfaits. Il faut le rappeler : la greffe est une thérapeutique efficace qui a fait de très gros progrès et entraîne d'énormes gains de vie. Mais pas de greffes sans greffons, donc sans donneurs. En 2006, 1.443 donneurs décédés ont été effectivement prélevés. Ce qui correspond à un taux de 23,2 par million d'habitant. Ce n'est pas le plus bas du monde mais d'autres pays font beaucoup mieux comme la Belgique et surtout l'Espagne.
Question encore taboue
Les causes de non-prélèvement sont multiples mais comme le note l'agence de bio-médecine, « l'opposition de l'entourage du défunt ou du défunt lui-même occupe la première place ». Pour l'année dernière, cette opposition concerne 32 % des donneurs recensés, soit 980 donneurs non prélevés. Un taux à nouveau en légère augmentation. Une situation dont ne peut évidemment se satisfaire France-Adot. 229 patients décédés faute d'avoir pu être greffés à temps, c'est trop. « C'est d'autant plus dramatique qu'il y aurait suffisamment d'organes à prélever pour répondre aux besoins », observe le Costarmoricain Hervé Le Serre, secrétaire général de France-Adot. Au sein des familles, la question reste encore souvent taboue. Quand il y a opposition au prélèvement, elle vient plus souvent de la famille que du défunt. « D'où la nécessité, insiste France-Adot, de prendre position de son vivant. Il n'est pas rare que les entourages disent non ou disent oui trop tard alors que la volonté du défunt, c'était peut-être de dire oui ».
L'effet Grégory Lemarchal
La loi actuelle est fondée sur le consentement présumé. En clair, le prélèvement peut être pratiqué dès lors que le défunt n'a pas fait connaître de son vivant son refus. Sauf que la loi dit aussi que si le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, il doit recueillir le témoignage de l'entourage. Pour France-Adot, le plus simple serait un fichier unique où chacun pourrait dire oui ou non. Avec, pourquoi pas, cette position inscrite sur la carte vitale. « Comme cela, on serait sûr que la volonté de chacun serait respectée », souligne Hervé Le Serre. En attendant, le mieux est de prendre une carte (lire ci-contre) pour ceux qui souhaitent donner. Ils ont été plus de 50.000 à le faire en mai dernier contre 6.000 par mois en moyenne habituellement. C'est l'effet Grégory Lemarchal. Preuve que les Français peuvent être sensibles à cette grande cause qu'est le don d'organes
17/09/2007.