Recherche
Recevez gratuitement les newsletters
Resultats du bac 2008
Tour de France 2008 - Résultats et Classements
 
Erika. L'heure des comptes Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Erika. À quoi servira l’argent récupéré ?

Que faire de l’argent que devrait rapporter le procès Erika ? Si les collectivités publiques tâtonnent, les associations débordent de projets concrets. À l’image d’Allain Bougrain-Dubourg qui, au nom de la LPO, annonce déjà le projet d’une clinique pour oiseaux mazoutés à Brest. Les associations et les collectivités qui se sont battues pour obtenir réparation ne sont pas les seules à respirer. Le capitaine de l’Erika et les quatre militaires français du Crossa Étel et de la préfecture maritime de Brest profitent pleinement de la relaxe prononcée.

En première instance, la somme des indemnités s’élève à 192 M€ (153 M€ au Trésor public). La région Bretagne devrait toucher 5,6 M€, les Pays-de-la-Loire 4,7 M€, Poitou-Charentes 1 M€, le département du Morbihan 2,1 M€, le Finistère, la Loire-Atlantique et la Vendée 1 M€. Certaines communes littorales et des communautés d’agglomération s’attendent à recevoir entre 100.000 et 300.000 €.
Améliorer la sécurité maritime
Globalement, les collectivités locales ne savent pas exactement ce qu’elles vont faire avec cet argent et surtout dans combien de temps elles vont le toucher (appels possibles, lourdeur de la procédure avec quatre condamnés solidairement). Au nom du conseil régional de Bretagne, Janick Moriceau espère renforcer les actions de la toute nouvelle charte pour les espaces côtiers bretons. « Cet argent nous servira à améliorer la sécurité maritime de nos côtes (modernisation des équipements de surveillance) mais aussi de renforcer l’image et la connaissance de notre économie maritime ». « Nous en profiterons pour améliorer notre dispositif de traitement des pollutions chimiques, en nous attelant au problème de la perte des conteneurs ».
Mieux identifier les zones à protéger
De son côté, Allain Bougrain-Dubourg savoure sa victoire historique dans ce procès. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qu’il préside est la première association française à recevoir 300.000 € en réparation du préjudice résultant de l’atteinte à l’environnement. Au total, la LPO, véritable pionnière dans la reconnaissance du vivant non commercial, s’apprête à toucher près de 800.000 €. « Nous envisageons d’identifier plus précisément les zones marines à protéger et l’état des populations animales le long des côtes exposées ».
Soigner les oiseaux à Brest
Un deuxième volet consistera à renforcer les capacités d’accueil pour les oiseaux mazoutés. Sur le modèle de la structure qui existe à l’Ile Grande (22), Océanopolis à Brest pourrait devenir centre d’accueil pour ces oiseaux victimes des pollutions, avec une réelle capacité de traitement. « Si les collectivités publiques ne savent pas comment employer cet argent, qu’elles viennent me voir ! », s’amuse Allain Bougrain-Dubourg, le président d’association qui a le plus largement suivi ce procès.
Les marins hors de cause
Les marins mis en cause dans le naufrage de l’Erika ont fini par être relaxés. Le capitaine indien et les quatre militaires français chargés du déclenchement des secours ont tous été blanchis. Ils ne serviront pas de fusible idéal.
Les véritables responsables de cette catastrophe ont été identifiés en amont. Ce ne sont pas les exécutants et les acteurs d’une situation déjà bien avancée, mais les donneurs d’ordre qui ont véritablement conduit à la ruine d’un navire dangereusement corrodé.
Le capitaine dédommagé
Du coup, le capitaine indien qui n’a toutefois pas été exempt de reproche au plus fort de la tempête, est relaxé au bénéfice du doute des faits de mise en danger d’autrui. Il rejoint brusquement le camp des victimes avec 16.000 euros de dommages et intérêts qui devraient lui être versés solidairement par l’armateur, le gestionnaire technique et la société de classification du navire. Les quatre marins français qui étaient, quant à eux, poursuivis pour abstention volontaire de combattre un sinistre bénéficient aussi d’une relaxe pure et simple, sans le moindre doute.
« Dégâts collatéraux »
Exposés aux premières loges, bien avant Total et les autres maillons de la chaîne, les quatre marins n’ont pas été épargnés par la juge d’instruction. Ils ont parfois eu le sentiment que l’on voulait casser du militaire dans cette affaire. Alors que le parquet demandait depuis quatre ans un non-lieu à leur égard, leur maintien sur le banc des prévenus a été vécu comme un véritable acharnement. « Nous avons été bien soutenus par la Marine, mais cela n’a pas évité les dégâts collatéraux », commente sobrement aujourd’hui Jean-Loup Velut, chef de la division de l’action de l’État en mer au moment du naufrage (*).
Secours irréprochables
Le tribunal a finalement estimé que ces quatre marins avaient pris « toutes les mesures appropriées à une situation dont ils n’ont pu apprécier convenablement l’évolution, faute d’une information suffisante ». « Nous aurions très mal vécu une relaxe au bénéfice du doute », confient-ils. Les principaux acteurs du monde maritime breton n’ont pas tardé à saluer cette (tardive) décision de justice. * Faisaient également partie des marins poursuivis Éric Geay, officier d’état-major, et Michel de Monval, alors chef du centre des opérations maritimes à la préfecture maritime de Brest, ainsi que Jean-Luc Lejeune, à l’époque adjoint du directeur du Crossa Étel.
Capitaines de navire : « Le mal est fait ! »
On aurait pu penser que cette décision de justice aurait pleinement satisfait l’Association française des capitaines de navire (Afcan). « C’est bien que le commandant indien ait été relaxé, mais il ne faut pas oublier qu’il a été jeté en prison deux semaines et qu’il a été placé un temps en résidence surveillée », rappelle Jacques Loiseau, vice-président de l’Afcan.
« Traité comme un criminel »
« Alors que toute personne victime d’une catastrophe aurait disposé d’un soutien et d’un accompagnement psychologique, ce capitaine a été traité comme un criminel. La situation s’est d’ailleurs produite de la même façon pour le Prestige et l’Exxon Valdes. On a brisé sa carrière, on lui a gâché au moins cinq années de sa vie. Nous avons le sentiment que les procureurs et les juges d’instruction gardent une vision du capitaine remontant à Colbert, comme s’il était encore « Seul maître à bord après Dieu ». Les choses ont changé, le capitaine n’a plus la haute main sur son métier, c’est devenu un exécutant lambda ».
Une lourde responsabilité
« Le mal est fait, voilà ce qu’il nous restera de ce procès. Demandez aux jeunes qui démarrent dans la profession s’ils souhaitent un jour endosser la responsabilité de capitaine ? », appuie Jacques Loiseau. Les capitaines auront-ils un jour les moyens de refuser de prendre la mer s’ils n’ont pas confiance en leur navire ? Quand et comment pourront-ils refuser de mener à bien un voyage sans risquer d’être remplacé ou carrément débarqué par leur employeur ?

Stéphane Jézéquel, le 19/01/2008


Afin de compléter le site de l’Ile-Grande, la Ligue pour la protection des oiseaux envisage de soutenir, à Océanopolis (Brest), la création d’un centre d’accueil pour les oiseaux mazoutés. (Photo archives Claude Lasbleiz)
Et aussi...
Réagir à cet article Réagir à cet article Envoyer à un ami Envoyer à un ami Imprimer cet article Imprimer cet article
DERNIERES DEPECHES
L'ACTU BRETONNE EN VIDEO

Au sommaire:
Premiers riffs à Bobital (22)
Résultats du Bac 2008
Tour de France : rencontre avec Benoît Vaugrenard et Arnaud Gérard de la Française des jeux
Michel Drucker se dévoile

 Envoyer la vidéo à un ami
 Newsletter vidéo
DERNIÈRES VIDEOS

> RENCONTRE AVEC MICHEL DRUCKER

Vignette de la vidéo

Michel Drucker évoque ses passions pour la Bretagne et le cyclisme.... 

.

> LE FESTIVAL DES TERRE-NEUVAS : PRÉPARATIFS

Vignette de la vidéo

Cette année encore, plus de 1.200 bénévoles permettront ... 

.

> RESULTATS DU BAC A SAINT-BRIEUC

Vignette de la vidéo

04/07/2008 - Les lycéens briochins ont découvert ce ... 

.

SUR LES BLOGS INVITES
 
 
Vieille Charrues - Chasse aux trésors  Vieilles Charrues
  La chasse ô
  trésor
 
Entreprises
 
Annonces
 
L
La question du jour
Tour de France. Qui remportera le maillot jaune ?
Evans
Valverde
Cunego
Schleck
Menchov
Un outsider
Sans opinion
Votre avis
 
Sites partenaires
 
 
 Le Télégramme.com
> Actualités
Monde
France
Economie
Voile
Dessin du jour
Vidéo
> Actualités locales 
Dossiers
Bretagne
Côtes d'armor
Finistère
Morbihan
JTWeb
> Vie pratique
Météo
Sorties
Cuisine
Télévision
Cinéma
Avis de décès
> Echanges
Vidéos
Blogs
Forums
Espace jeux
Question du jour
> Annonces
Emploi
Immobilier
Bateaux
Marchés publics
Boutique
> Kiosque
Abonnement
Archives
Unes anniversaire
Journal en PDF
> Pratique
Nous écrire
Offres papier
L'entreprise
Plan du site
© Le Télégramme 2007 Haut de page
Immobilier, annonces Immo-ouest : Finistère - Côtes d'Armor - Ille-et-Vilaine - Loire-Atlantique - Morbihan