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Erika. L'heure des comptes Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Erika. Place à l’évocation des drames humains et économiques

Plus de deux mois après le début du procès du naufrage de l’Erika, le tribunal correctionnel de Paris a commencé, hier, avec les paludiers des marais de Guérande, à évoquer les drames humains et économiques que la marée noire a provoqués sur le littoral.

Après l’étude des faits et les affrontements d’experts, le tribunal a entamé l’audition des parties civiles : syndicats, localités, associations professionnelles ou intérêts commerciaux qui se disent lésés par la marée noire et réclament des dommages et intérêts. Curieusement, a remarqué le président Jean-Baptiste Parlos,
aucune des nombreuses communes bretonnes qui se sont porté parties civiles n’a souhaité s’exprimer à la barre. M e Alexandre Varaut, qui en représente plusieurs, a expliqué qu’à l’approche de la saison, elles ne voulaient pas que leur nom apparaisse « dans la presse internationale », au risque d’effrayer les touristes. Pour les quelque 70 producteurs de sel de Guérande, la marée noire qui a suivi le naufrage de l’Erika en décembre 1999 a sonné le début de plus d’un an de combat afin d’empêcher le pétrole de s’insinuer dans les marais par les 50 km de chenaux qui l’irriguent, a expliqué Olivier Péréon, président du Syndicat des paludiers, qui réclame 400.000 € pour les producteurs de sel de Guérande. Quant à Alain Malardé, président de la Confédération maritime, il s’est livré à une attaque en règle contre « les magouilles des pétroliers » qui ont bloqué, selon lui, les mécanismes d’indemnisations. Il réclame 100.000 € pour son syndicat. Jo Le Guen, porte-parole du Syndicat pour l’assainissement du monde maritime (Spamm), s’est dit « révolté par le système inique du Fipol » qui accorde aux compagnies pétrolières « l’impunité en échange d’une obole ». Jacky Bonnemains, président de l’association de défense de l’environnement Robin des Bois, a estimé que « les dommages écologiques ont été sous-évalués », sans prendre en compte « les atteintes à moyen et long terme sur la chaîne alimentaire maritime ». Aujourd’hui, le tribunal doit notamment entendre les présidents des régions touchées par la marée noire.

24/04/2007.

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