Recherche
Recevez gratuitement les newsletters
 
Erika. L'heure des comptes Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Erika. Un navire usé jusqu’à la quille (24/02/2007)

Le procès de l’Erika, qui durera jusqu’au 13 juin, entre aujourd’hui dans sa troisième semaine. Il sera toujours question de l’avant-naufrage et des liens opaques unissant l’armateur, le gestionnaire, la société de classification et le propriétaire de la cargaison.

La semaine dernière, le tribunal correctionnel de Paris a poursuivi son décryptage des pratiques liant ces différents intermédiaires. En s’approchant doucement de ce 12 décembre 1999, il devrait être question, dès aujourd’hui, du choix et des conditions d’embauche de l’équipage indien.
Intensive exploitation
Lundi dernier, le président a tenté de savoir si le navire avait été exploité à outrance, quelques mois avant le naufrage, et si le propriétaire, en proie à des difficultés financières, ne s’est pas contenté de travaux d’entretien a minima. Alors que le président évoquait le rythme chargé du pétrolier, de février à juin 1998, l’armateur (Savarese) et le gestionnaire (Pollara pour Panship) lui répondaient qu’« un bateau à l’arrêt, ça coûte cher et que c’est normal qu’il voyage de façon continue ». « A l’arrêt, les circuits électriques se détériorent ! ». « Un navire de commerce est fait pour naviguer de manière continue, les moteurs ne s’arrêtent jamais », renchérissait Bertrand Thouilin, l’ancien directeur des affaires juridiques de Total pour la partie maritime. Selon l’armateur italien, ce programme chargé et cet itinéraire tous azimuts du bateau montre, au contraire, qu’il était sûr, sinon, il n’aurait pas été accepté dans tous ces ports.
Vous avez dit contrôles ?
« Bien sûr ! » rétorque la défense (les avocats représentant la cinquantaine de communes sinistrées) qui rappelle, qu’à l’époque, les contrôles portuaires étaient bien moins nombreux et rigoureux qu’aujourd’hui, et combien il est toujours difficile de contrôler les structures d’un navire fonctionnant à flux tendu, les cuves toujours pleines de produits. Le lendemain, il était question des réparations d’entretien menées par l’armateur à quelques mois du naufrage. Des travaux au rabais ? Les éléments de l’enquête l’avancent clairement. Le remplacement des tôles corrodées n’a pas été effectué au nombre et à l’épaisseur initialement prévus.
Pétrolier et armateur en bout de course
Pour l’accusation, l’armateur italien a mégoté sur les travaux parce qu’il était à court d’argent, avec de nombreux arriérés auprès de ses fournisseurs, soit quelque 400.000 $ (soit environ 303.779 €). « Pratique habituelle dans le milieu », se justifie-t-il. « Tout armateur a des dettes qu’il rembourse à 30, 60 ou 90 jours », ajoute-t-il, se défendant d’avoir des soucis financiers. Pourtant, les négociations de paiement avec le chantier, obligé de retenir quelques jours le navire, ont été rudes. C’est le remboursement d’une chaudière estimée par l’assurance à 600.000 $ (environ 455.668 €) qui va débloquer la situation. Elle est réparée pour 350.000 $ (environ 265.806 €), le reste de la somme permettant d’honorer d’autres factures et de voir repartir le pétrolier.
Comment Total a-t-il pu choisir l’Erika ?
Mercredi, c’était au tour de Total de s’expliquer sur le choix de l’Erika, selon ses critères internes. Pourquoi avoir mis en place sa propre structure de vérification ? Est-ce à dire que Total faisait peu confiance aux sociétés chargées de délivrer les autorisations de navigabilité ?
En l’occurrence, début décembre 1999, la société pétrolière donne son accord pour affréter ce navire de 24 ans d’âge. Mais l’approbation concernant le bateau, décernée en interne, vient tout juste de s’achever. La règle décidée par l’entreprise est de vérifier chaque année la conformité des navires de plus de 15 ans qu’elle a choisi d’utiliser.
Feu vert en dehors des clous
« Oui, mais nous avons à nouveau confirmé notre autorisation interne », se défend-on à Total. Un argument qui pèsera lourd parce que le navire allait dépasser, trois semaines plus tard, ses 25 ans d’existence, alors que la compagnie avait décidé, toujours selon ses propres règles, de ne pas affréter de navire au-delà de 25 ans d’âge, une limite trop risquée à son goût. La responsabilité de Total se dégage de plus en plus nettement dans ce procès. Total a bien agi à l’encontre de ses règles internes et a commis une faute. Mais que peut-on reprocher à une initiative interne à une compagnie ? Cet effort, cette responsabilisation personnelle, peuvent-ils se retourner contre la société qui en est à l’origine ?
La responsabilité de l’affréteur
Ce procès va devoir définir pour la première fois en termes juridiques, les responsabilités des compagnies pétrolières ayant instauré leur propre système de vérification, aux côtés et par rapport aux sociétés de classification qui délivrent les certificats de navigabilité. Au-delà et sur le fond, il s’agit de savoir si Total a traité avec légèreté ce choix de navire, et pire, si pressé par le temps, le groupe a fermé les yeux sur la première coque qui se présentait à lui. Le personnel spécialisé dans le choix des navires affrétés pour Total pouvait-il ne pas savoir qu’il prenait un risque en faisant appel à ce navire loué à bon prix. A l’inverse, et si justement l’Erika avait été choisi pour cet alléchant prix de location et sa constellation d’intermédiaires peu regardants ? Total a joué, Total a perdu. Mais ne veut payer davantage.

Stéphane Jézéquel. 24/02/2007


Selon l’accusation, l’armateur italien, Giuseppe Savarese, àà court d’argent, n’aurait pas effectué correctement les travaux nécessaires sur le navire. (Photo Christian Daumerie
Et aussi...

Réagir à cet article Réagir à cet article Envoyer à un ami Envoyer à un ami Imprimer cet article Imprimer cet article
DERNIERES DEPECHES
L'ACTU BRETONNE EN VIDEO

Au sommaire :
-Licenciements, prix en baisse : crise immobilière en Bretagne
-Coquilles : accalmie chez les pêcheurs costarmoricains
-Brest : le cargo égyptien paie 350.000 € de caution
-MoovieTER : le futur TER breton

 Envoyer la vidéo à un ami
 Newsletter vidéo
DERNIÈRES VIDEOS

> ECA FAROS AU SECOURS DE L'ARMÉE AMÉRICAINE

Vignette de la vidéo

03/10/2008 - La société ECA Faros, à Lannion, spécialisée ... 

.

> CRASH DE DEUX SUPER ETENDARD MODERNISÉS

Vignette de la vidéo

02/10/2008 - Témoignage du capitaine de vaisseau Thouvenin,... 

.

> VOC : UN CLUB QUI MONTE

Vignette de la vidéo

01/10/2008 - Un début de saison du Vannes OC satisfaisant ... 

.

SUR LES BLOGS INVITES
 
 
Entreprises
 
Annonces
 
L
La question du jour
Bleus. Faut-il conserver Domenech ?
Oui
Non
Sans opinion
 
Sites partenaires
 
 
 Le Télégramme.com
> Actualités
Monde
France
Economie
Voile
Dessin du jour
Vidéo
> Actualités locales 
Dossiers
Bretagne
Côtes d'armor
Finistère
Morbihan
JTWeb
> Vie pratique
Météo
Sorties
Cuisine
Télévision
Cinéma
Avis de décès
> Echanges
Vidéos
Blogs
Forums
Espace jeux
Question du jour
> Annonces
Emploi
Immobilier
Bateaux
Marchés publics
Boutique
> Kiosque
Abonnement
Archives
Unes anniversaire
Journal en PDF
> Pratique
Nous écrire
Offres papier
L'entreprise
Plan du site
© Le Télégramme 2007 Haut de page
Immobilier, annonces Immo-ouest : Finistère - Côtes d'Armor - Ille-et-Vilaine - Loire-Atlantique - Morbihan