De plus en plus toutefois, qu’elles soient arbitres, dirigeantes ou entraî... neurs, on trouve naturel, à l’image d’Elodie Coppola ou de Chantal Médigue, de voir des femmes accéder aux fonctions de direction.
Rien ne prédestinait Chantal Médigue à devenir un jour présidente du Vannes Volley-Ball, un club dont l’équipe première évolue à la lisière du professionnalisme. C’est un engagement bénévole qui de fil en aiguille l’a conduite à occuper un premier rôle qu’elle ne conçoit que sous la forme d’un pouvoir partagé.
Chantal Médigue doit son nom de femme à Patrick. Ce dernier, ancien joueur, entraîneur et aujourd’hui dirigeant, est également le point de départ de son attachement à une discipline qu’elle a découverte il y a trente ans comme supportrice.
« Mon prédécesseur en faisait plus »
La suite de l’histoire ressemble à celles vécues par des milliers de femmes dans les associations sportives : la table de marque, la buvette, les maillots à laver, les courses pour les goûters des enfants, les licences, le secrétariat... Exceptionnellement au bout du parcours il y a la présidence. Chantal Médigue a atteint ce sommet. Sans vraiment l’avoir cherché. « En 2002, le comité directeur m’a incitée à prendre le rôle. J’ai insisté sur le fait que j’étais d’accord, mais avec une équipe autour. Tout le monde a adhéré et chacun a pris son rôle ». Si elle devait établir une différence avec la présidence précédente, c’est celle-là que Chantal Mégigue retiendrait : « Mon prédécesseur en faisait beaucoup plus que je n’en fais ». En clair, madame la présidente délègue. « Je tiens à être informée, mais pas en permanence : je fais confiance à la compétence des membres des commissions ».
« Ecoutée et respectée »
Un fonctionnement collégial sans lequel elle ne pourrait concilier sa présidence avec ses autres rôles : celui de mère, de femme « qui en fait plus à la maison même si elle ne devrait pas » et celui de salariée à temps plein (elle est employée de banque). « La principale difficulté reste tout de même de se rendre disponible pour tout le monde. Mes enfants ont 25 et 22 ans aujourd’hui. Mais quand ils étaient plus jeunes ils me reprochaient de ne jamais être à la maison ». Se sentant « écoutée et respectée » au sein du club, madame la présidente constate pourtant que « certains ont parfois du mal à faire la différence entre la maman et la dirigeante et préfèrent s’adresser à un homme qu’à moi ». C’est la seule « différence » qu’elle constate. Avec celle qu’elle s’impose. « Ce n’est jamais moi qui accompagne les garçons en déplacement. Je sais qu’ils ont une liberté de langage et de gestes avec les hommes qu’ils ne pourraient pas avoir avec moi. Ils ne seraient pas aussi libérés psychologiquement si je les accompagnais. Enfin, je me fais peut-être des idées... ». Depuis le printemps dernier, Chantal Médigue n’est plus « que » co-présidente. Une évolution qu’elle a elle-même initiée en se rapprochant de Joël Mauger, le président de l’UCKNEF Vannes, pour faire fusionner les deux entités et donner naissance au Vannes VB. Elle n’a pas eu le sentiment de perdre la moindre parcelle de « pouvoir ».
Connue de tous les footballeurs bretons, la blonde Elodie Coppola s’éclate dans son rôle d’arbitre. Cette jeune Douarneniste de 23 ans officie au centre jusqu’en DH et sur la touche jusqu’en CFA. Et ne semble pas trop souffrir de la misogynie.