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Sport. Les enquêtes du Télégramme Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Badminton. Boom dans les écoles

Sport ludique, éducatif, peu onéreux et convivial, le badminton est LE sport à la mode dans les gymnases des écoles, des collèges, des lycées et des universités.

Ainsi, sur les 900.000 licenciés UNSS (Union national du sport scolaire) des collèges et lycées publics, 142.471 jouent au « bad », ce qui en fait le deuxième sport scolaire derrière le cross-country mais l’activité la plus pratiquée tout au long de l’année. À la veille du début des 8 Nations minimes à Gouesnou (29), officieux championnat d’Europe des moins de 15 ans, tour d’horizon d’une discipline en plein boom.
« Chacun y trouve son compte »
C’est en Bretagne que le badminton a donné ses premiers coups de volant dans l’Hexagone. En 1898, un officier britannique construisit à Saint-Servan, au pied des murailles malouines, une salle de quatre courts. Mais il faudra attendre 94 ans et son entrée dans le giron olympique en 1992 pour que la discipline explose enfin. En un peu plus de dix ans, le nombre de licenciés passe alors de 51.671 à 114.725 (fin 2006).
La Fédération à l’écoute
Mais le plus incroyable est que ce sport, surtout connu pour être pratiqué pendant les vacances sur la plage, est devenu le sport numéro un dans les écoles. « Ça marche fort dans les collèges, les lycées et les universités », assure Thierry Mardargent, directeur technique-adjoint à la Fédération française. « La Fédération souhaite maintenant progresser au niveau de l’enseignement primaire, proposer encore davantage de formations aux professeurs et développer ses conventions avec les universités ».
Fair-play et mixité
Quel que soit son âge, l’élève semble en effet trouver un intérêt à la pratique du badminton. « Quand un enfant joue au volant (l’ancêtre du badminton), il s’exerce l’œil et le bras à la justesse », écrivait déjà en 1762 Jean-Jacques Rousseau dans son traité d’éducation « Emile ». Repères dans l’espace, coordination des mouvements, dépense physique, concentration, respect de l’adversaire, ambiance appliquée mais pratique conviviale : les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) confirment tout le potentiel du « bad ». « Sport de combat à distance », l’activité demande de résoudre des problèmes posés par l’adversaire mais prône aussi l’auto-arbitrage, développant ainsi les notions de fair-play. Autre point original, les filles et les garçons peuvent pratiquer ensemble le seul sport pratiqué en mixte aux Jeux Olympiques.
« Facile d’accès »
« C’est une activité facile d’accès et très complète », confirme Alain Bily, professeur au collège-lycée de l’Iroise à Brest qui, sur l’espace d’un seul terrain de tennis, dresse neuf terrains de badminton grâce à trois filets tendus de part et d’autre du gymnase. « On propose un cycle de badminton en classe de 6 e et de 3 e mais l’activité plaît également en séance libre (sur l’heure de midi) et le mercredi après-midi en AS (association sportive, compétition scolaire). Pour se défouler car c’est physique, s’amuser avec ses copains ou faire de la compétition, chacun y trouve son compte ». Un constat que fait également son collègue du service des sports de l’Université de Brest, Erwan Le Gac. « C’est une des activités les plus prisées. On n’a pas besoin d’un gros bagage technique pour débuter mais ça peut rapidement devenir tactique. Filles, garçons, c’est très convivial car il y a plusieurs approches possibles. Tout le monde s’y retrouve quel que soit son niveau de jeu. Sur les dix créneaux proposés sur seize terrains, il n’y pas souvent de places vides. » Et la tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt car le badminton est l’une des trois activités proposées au concours de professeurs des écoles (avec la danse et la natation). Sport sans tête d’affiche et finalement assez discret, le badminton n’a pas fini de faire parler de lui... dans les cours de récrés !
Paroles de badistes

JÉRÔME LE BRIÈRE (champion de Bretagne 2006-2007 en simple) : « J’ai débuté le badminton au collège Notre-Dame de Ménimur en 6 e (12 ans) dans le cadre des cours. Il faut dire que mon professeur de sports, monsieur Réveillant, était président d’un club. Je faisais du foot à l’époque mais j’ai tout de suite accroché avec ce sport très ludique. A la différence du tennis où l’on rame pas mal avant de renvoyer la balle, on s’amuse très vite face à un adversaire qui a à peu près son niveau. Je suis ensuite passé en club car je voulais faire de la compétition pendant toute une saison. A l’école, ce n’était que par périodes. Mais j’ai continué avec l’AS et j’ai été vice-champion de France Ugsel en 1995. »
MARION (14 ans, collégienne à Kérichen - Brest) : « Je fais du tennis en club mais les deux sports sont différents. On retrouve quelques points communs au niveau des déplacements mais les gestes ne sont vraiment pas les mêmes. En cours, c’est un des sports que l’on préfère pendant l’année et on aime bien y jouer le mercredi en compétition avec l’AS. C’est sympa, on joue en équipe (simples et doubles) et c’est bien mieux que de jouer en individuel. »
ARNAUD (15 ans, lycéen à l’Iroise - Brest) : « Je pratique le badminton en loisir pour me défouler entre midi et deux. En fait, je reprends l’activité. J’ai commencé en arrivant au collège et j’ai tout de suite été séduit. Je me suis rapidement inscrit en club mais j’ai été déçu. Il y avait un trop grand écart de niveau entre les joueurs... Jouer avec des filles ? C’est sympa. Certaines ont un bon niveau, faut pas croire... »
PAUL-ANDRÉ TRAMIER (président de la Fédération française de badminton) : « Le badminton et le monde scolaire, c’est déjà une longue histoire. Les pratiquants UNSS et Ugsel représentent un énorme réservoir de licenciés mais si tous ou la majeure partie d’entre eux venaient en clubs, on ne pourrait pas encore les accueillir : manque de salles, de créneaux horaires et d’encadrants. Mais tous ces scolaires nous permettent de développer une vraie culture du badminton en France. Nous venons de signer une convention avec l’Ugsel, le badminton vient de rentrer aux Universiades (les Jeux Olympiques des étudiants), et l’UNSS, partenaire de longue date, nous fournira les juges de lignes du prochain Super Series (un des douze tournois majeurs du circuit mondial organisé pour la première fois en France à la fin octobre). »
FRÉDÉRIC WATTEBLED (instituteur et président du Comité du Finistère de badminton) : « Je suis le seul dans mon école à proposer le badminton, le samedi matin. C’est un sport qui plaît aux enfants mais malheureusement sa pratique dépend de la disponibilité de la salle. D’un point de vue éducatif, il leur faut gérer la trajectoire du volant. C’est également intéressant pour la coordination de l’enfant et son positionnement dans l’espace. Mais c’est une pratique qui a un coût bien réel : volants, raquettes, filets. Et c’est là que le Comité départemental peut aider les écoles. »
Combien ça coûte ?

RAQUETTES. « Il y a trois familles de raquettes », explique Philippe Le Verge, du magasin « 3 Sets » à Brest. « Les "tige acier - tête aluminium", à partir de 10 €, pour les scolaires et les débutants; les "graphite - alu", à partir de 20-25 €, plus performantes pour des trajectoires plus précises; et les "tout graphite", de 40 à 200 €. Là, on gagne en légèreté et en maniabilité. Il ne faut pas oublier le cordage, 20 € environ. »
VOLANTS. « Là aussi, il y a trois catégories. Les "tout plastique" pour les scolaires (1 € l’unité); les "tête liège - jupe plastique" pour les loisirs (1,50 €); les "tête liège - jupe plume" qui s’usent vite (1,50 €). Ils sont en plume d’oie mais à cause de la grippe aviaire, on a aussi autorisé les plumes de canard. »
CHAUSSURES. « On débute à 30-35 € pour l’entrée de gamme, jusqu’à 80 € pour des chaussures avec amortis. »

Olivier Louarn, le 14/02/07


Si la pratique tarde encore à séduire dans le secteur primaire, le badminton connaît un vrai succès dans les collèges (ci-dessus, un mercredi après-midi dans la salle du Petit Kerzu à Brest), les lycées et les universités. (Photo Olivier Louarn)
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