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Sport. Les enquêtes du Télégramme Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Argent (2). Combien gagnent les sportifs bretons ?

Second volet de notre enquête sur les revenus des sportifs bretons. Après avoir étudié à la loupe les salaires dans les clubs, notamment dans le milieu du foot, on s’intéresse maintenant aux meilleurs spécialistes dans leurs disciplines. De la handballeuse Valérie Nicolas au tennisman Marc Gicquel, en passant par le golfeur François Delamontagne ou la marathonienne Corinne Raux, plusieurs ambassadeurs du sport en Bretagne nous expliquent ce que leur passion leur rapporte. Avec peut-être quelques surprises pour les non-initiés qui découvriront que l’on peut très bien gagner sa vie en pratiquant de « petits » sports. A l’image par exemple du Costarmoricain Cyrille Neveu en triathlon.


Handball. Valérie Nicolas et les autres
Sacrée meilleure joueuse du Mondial 2003 remporté par la France, Valérie Nicolas avoue bien vivre du handball. Exilée depuis trois ans au Danemark, la Finistérienne gagne aujourd’hui environ 8.000 € par mois.
« C’est un sujet délicat. Ça reste assez tabou ». A l’instar de la plupart des sportifs bretons interrogés, Valérie Nicolas reconnaît que l’argent n’est pas un sujet de conversation qu’elle aborde tous les jours. Même si, dans le milieu du handball féminin, les salaires restent encore assez modestes. « Sans compter les à-côtés, je ne pense pas que la meilleure joueuse du championnat de France gagne actuellement plus de 3.000 € par mois », indique la gardienne de but originaire de Lampaul-Guimiliau (29). Et pas sûr non plus que les joueuses françaises à plus de 1.500 € net soient légions.
8.000 € net d’impôts
Comme pour les footballeurs, c’est à l’étranger que se situe l’eldorado pour les handballeuses. Et notamment au Danemark, considéré comme le meilleur championnat au monde. C’est la destination qu’a choisie Valérie Nicolas pour faire fructifier son titre de meilleure joueuse des championnats du monde 2003. Il y a trois saisons, elle a quitté Besançon pour Viborg où, en plus de cumuler les titres, elle a multiplié son salaire par trois. Sans dévoiler ses revenus exacts, la Bretonne avoue n’être pas très loin des 8.000 € mensuels net d’impôts. Ce à quoi il faut ajouter des avantages en nature (voiture, appartement, billets d’avion). « Une prime à la signature du contrat ? Oui, mais je ne vous dirai pas le montant », sourit Valérie Nicolas, qui ajoute qu’au Danemark, il n’y a pas de prime de match en cas de victoire. Excepté pour la qualification en finale de la Ligue des champions.
200 € par jour passé en équipe de France
A tout ceci, viennent s’ajouter les revenus qu’elle perçoit en équipe de France. « Lorsqu’on démarre, c’est 100 € par jour passé avec les Bleues. Puis, toutes les 25 sélections, ça augmente d’une tranche. Aujourd’hui, j’en suis à 200 €. Et lorsqu’on finit sur le podium ou dans les cinq premiers lors des championnats du monde et d’Europe, on touche une prime », explique celle qui compte 196 sélections chez les Bleues. Enfin, son image de sportive qui gagne lui a permis de décrocher des contrats avec quatre équipementiers (Puma, Adidas, A l’Aise Breizh, et la marque de Jean’s Rica Lewis). Si elle ne reçoit pas d’argent, elle est presque habillée de A à Z avec ses sponsors. « Finalement, je n’ai que mes sous-vêtements à acheter », éclate de rire Valérie Nicolas.
Cyclisme. Ils ne roulent pas sur l’or...
De 1.000 à 10.000 € mensuels. Loin des Sylvain Chavanel et Christophe Moreau - plus gros salaires français - dont les émoluments flirtent allégrement avec les 75.000 € par mois, les cyclistes bretons ne roulent pas sur l’or. Un jeune coureur de l’équipe Bretagne - Jean Floc’h n’émarge ainsi qu’à 1.000 €. Un professionnel breton confirmé, lui, touche 10.000 € (voire plus...) par mois.
Ils ne sont que trois ou quatre (sur les 25 coureurs que compte le peloton professionnel breton) à gagner plus de 8.000 € par mois. Autrement dit, un « petit » salaire d’un footballeur de Ligue 2. Les autres, à l’image du Vannetais Lilian Jégou, tournent à 3.000 € net mensuels; à 1.800 € (Arnaud Gérard) et même à 1.000 € (Piotr Zielinski). 1.000 €, l’équivalent d’une prime de match au Stade Rennais...
Bretagne - Jean Floc’h : 1.500 € en moyenne
La formation Bretagne - Jean Floc’h, à laquelle appartient le Polonais Zielinski, évolue en troisième division professionnelle et fait avec les moyens du bord. Le salaire moyen actuel y est de 1.500 €. « J’ai deux gars à 1.000 € par mois, un autre à 1.200, deux autres à 1.300... Le plus gros salaire de l’équipe se situe en dessous des 3.000 € », confie Philippe Dalibard, le directeur sportif de l’équipe, en expliquant que cette politique salariale n’est sans doute pas étrangère aux bons résultats obtenus par sa formation depuis un an et demi. « Contrairement à certaines équipes professionnelles françaises, la différence de salaire n’est pas énorme entre les coureurs de Bretagne - Jean Floc’h. A l’arrivée, c’est ce qui fait notre force. Allez dire à un coureur français de se défoncer pour son leader espagnol qui gagne dix fois plus que lui... Pas de ça chez nous », poursuit Dalibard, obligé de laisser partir son grimpeur Carl Naibo à la concurrence, à l’intersaison. « Il touchait 1.500 € chez nous. L’équipe AG2R Prévoyance, qui appartient au Pro Tour, lui en proposait cinq fois plus ».
Prime sur la ligne
1.800 €, c’est la somme qui figurait en bas de la fiche de paie de Lilian Jégou lorsqu’il est passé professionnel au Crédit Agricole en 2003. Le coureur morbihannais n’a pas gagné au loto en rejoignant la Française des Jeux deux ans plus tard : l’actuel leader de la Coupe de France touche 3.000 € par mois. Un salaire qui peut néanmoins faire des petits sur la route : contrairement à la formation Bretagne - Jean Floc’h où les primes de victoires - parfois rondelettes chez les amateurs - n’existent pas, l’équipe de la Française des Jeux propose parfois un joli... pactole à ses coureurs en cas de succès. Sur une épreuve de la Coupe de France, comme le Tro Bro Leon, c’est 3.000 €, soit un mois de salaire pour Lilian Jégou. Une victoire sur Paris - Roubaix, sur le championnat de France ou sur une étape du Tour de France rapporte 30.000 € de prime au coureur de la Française des Jeux. Comme une petite roue de la fortune...
Tennis. Gicquel : « Je ne peux pas m’enflammer »
En atteignant la 123 e place mondiale fin 2005, Marc Gicquel a récolté les fruits de sa belle saison : ses gains ont considérablement augmenté. « Mais je ne vis pas comme Grosjean ou Santoro », nuance le Breton.
98.107 dollars, soit 80.000 € environ. Voilà ce qu’affiche le prize money (gains en tournoi) de Marc Gicquel pour l’année 2005. Par un calcul bête et méchant, on obtient donc un salaire mensuel virtuel de 6.667 € sur 12 mois. Des revenus qui le placent dans une situation confortable, même si ses émoluments sont évidemment aux antipodes de ceux des stars du tennis mondial.
20.000 € pour son quart de finale à Lyon
A titre d’exemple, après sa victoire au Challenger de Grenoble en septembre dernier, le Briochin est reparti avec un chèque de 10.800 dollars (8.640 €), alors que son quart de finale au tournoi de Lyon quinze jours plus tard lui a rapporté 23.000 dollars (20.000 € environ). Son gain le plus important depuis le début de sa carrière. Autre exemple : grâce à la wild-card (invitation) qu’il a obtenue cette année pour Roland-Garros, il est assuré d’empocher au moins 14.000 €, soit la somme versée à tous les joueurs éliminés au premier tour du simple messieurs.
« Je vis correctement »...
Et puis il y a les primes que promet son équipementier (Nike). « Seulement lorsque je joue bien », précise celui qui est actuellement 11 e joueur français. A Lyon, il n’a rien eu. « Il aurait fallu que j’arrive en demi-finale ». En fin de saison 2005 non plus. « Il fallait que je termine dans les 120 premiers mondiaux », indique le tennisman breton, qui a fini au... 123 e rang à l’ATP. « Je vis correctement », admet Marc Gicquel. « Mais je ne roule pas sur l’or », enchaîne-t-il, en mettant dans la balance les frais inhérents à ses déplacements (billets d’avion, hôtel sur certains tournois, repas...). « Début 2006, j’ai passé 25 jours sur des tournois en Inde et en Australie. Ma femme m’a accompagné. Tout était à mes frais ».
... « mais je ne roule pas en voiture de luxe »
Le Briochin met aussi en avant le fait qu’il n’a pas de fixe tous les mois. « Et puis on peut se blesser sur une longue durée et ne plus rien toucher. Je ne peux pas m’enflammer. Je ne vais au resto tous les soirs et je ne roule pas en voiture de luxe. Vivre de ce que j’ai gagné au tennis lorsque j’arrêterai ma carrière ? Non. J’aimerais bien, mais non... ».
Equitation et hippisme. Rocuet et Henry au galop
L’un est cavalier, l’autre jockey. Mais que ce soit en équitation ou en hippisme, les Costarmoricains Bruno Rocuet et Nathalie Henry ont en commun le fait de tirer leur épingle du jeu, en saut d’obstacles pour le premier, sur les hippodromes pour la seconde.
Ancien membre de l’équipe de France d’équitation, Bruno Rocuet (48 ans) est propriétaire depuis plusieurs années d’une écurie à Sainte-Hélène (22), entre Dinan et Dinard. Une activité de formation de jeunes chevaux et de commerce qu’il cumule avec son statut de cavalier professionnel.
Bruno Rocuet : 112.000 € de gains en 2005
Chaque week-end ou presque, le Costarmoricain écume les concours de saut d’obstacles, principalement dans le Grand Ouest. Avec succès si on s’en réfère aux gains qu’il a obtenus en 2005 : 112.000 € au total, voilà une somme plutôt rondelette ! Avec une pointe à 9.000 € sur un week-end (à Rennes), et un gain maximum sur une épreuve qui a atteint 5.000 € (à Lyon). Des chiffres bruts qu’il convient malgré tout d’ajuster. D’une part, le montant de ses engagements aux différents concours s’est élevé à 30.000 € l’an passé. D’autre part, on ne peut faire abstraction de ses différents frais. « En moyenne, en comptant le gasoil, l’hôtel et la location des boxes pour les chevaux, ça se chiffre entre 1.000 et 1.500 € par week-end », indique Bruno Rocuet, qui a effectué 40 déplacements en 2005. On peut donc estimer ses « bénéfices » à environ 35.000 € l’an passé. « L’argent n’est pas un sujet tabou dans le milieu, on en parle facilement. Tout le monde connaît les dotations des épreuves et les gains des concurrents. Idem pour le prix des chevaux », ajoute le cavalier costarmoricain. A 27 ans, Nathalie Henry est devenue quant à elle l’un des meilleurs jockeys de trot en France. L’an dernier, elle a franchi la ligne d’arrivée en vainqueur à 61 reprises et les chevaux qu’elle a montés ont rapporté plus de deux millions d’euros.
Nathalie Henry victime du lobbying
Selon la Société d’encouragement du cheval français, « un jockey touche théoriquement 5 % des gains remportés par le cheval qu’il a monté ». La Costarmoricaine née à Pabu, près de Guingamp, aurait donc accumulé 100.000 € en 2005. Un chiffre qui, selon Teka, ne correspond pas vraiment à la réalité. « Contrairement au galop, il y a un lobbying des grandes écuries de trot pour reverser le moins possible à leurs salariés. Les jockeys sont tributaires du bon vouloir de leur entraîneur », explique l’un des chroniqueurs hippiques du Télégramme, pour qui les gains annuels de Nathalie Henry ont sans doute été plus proches l’an passé de 50.000 € que des 100.000 € théoriques. Ce qui demeure un revenu tout à fait correct, même si le métier est difficile et qu’une telle réussite reste exceptionnelle.
Triathlon. Le Floch et Neveu : le grand écart
Champion du monde de triathlon en 2002, Cyrille Neveu a su vendre son image. Le Costarmoricain avoue aujourd’hui bien vivre de son sport. Autre grand spécialiste breton de la discipline, Xavier Le Floch doit quant à lui se contenter du minimum.
« Le triathlon me rapporte de 80 à 120.000 € par an ». Cyrille Neveu ne s’en cache pas : depuis son titre mondial longue distance conquis en 2002, il gagne bien sa vie en assouvissant sa passion. Il est même dans le trio de tête des triathlètes en France concernant les gains.
15.000 € la victoire
« J’ai des partenaires importants que je recherche avec l’aide d’une agence », raconte le Dinannais, qui peut aussi compter sur ses primes décrochées en course. Comme lors de son titre mondial (10.000 €) ou lors de sa victoire à Embrun (15.000 €) en 2003. Des primes parfois multipliées par quatre par ses sponsors en cas de succès. « Mais des Ironman (triathlons très longue distance), je ne peux en faire que deux par an », tempère Cyrille Neveu, par ailleurs salarié à mi-temps à la SNCF. « Je dois aussi compter de 30 à 40.000 € de dépenses chaque année pour mes déplacements et mes frais divers », poursuit le Costarmoricain de 33 ans.
Le Floch : « Si j’étais payé à la sueur, je serais riche ! »
Avec son attirance pour les longues distances, l’âge est le seul point commun que Xavier Le Floch partage avec Cyrille Neveu. Pour le reste, le Gourinois n’évolue pas tout à fait sur la même planète. Même s’il parvient à s’en tirer financièrement. « Si j’étais payé au kilomètre ou à la sueur, je serais riche ! », s’exclame le Morbihannais, dont le fait d’armes est une troisième place au Mondial 2003. « Jusque-là, j’allais chercher des primes à 150 € dans des petites courses ». En 2005, il a pu joindre les deux bouts grâce aux 15.000 € versés par ses partenaires privés (Puma, Look, Shelter, une entreprise quimpéroise). Le reste, ce sont les aides des Conseils régional (3.000 €), et général du Morbihan (1.500 €). Après, seuls ses résultats peuvent améliorer son quotidien. Une source de revenus très aléatoire. « J’ai disputé l’Ironman d’Hawaï en octobre dernier. En terminant 17 e , je n’ai pas fini dans les prix. Au total, ça m’a coûté 3.000 € ».
Kayak et canoë. Ça rame !
Champion du monde en 2004 et champion d’Europe en 2005, Arnaud Hybois, 24 ans, est l’incontestable nº 1 de sa spécialité. La descente n’étant pas sport olympique, le Morbihannais ne connaît pourtant ni la célébrité ni la fortune. Il s’en accommode d’ailleurs fort bien.
« Combien je gagne grâce au sport ? » Arnaud Hybois réfléchit, met de côté son travail à la fois « provisoire » et effectif d’agent de développement et d’éducateur au CN Baud, son club, puis donne un montant à la louche : « Environ 7.000 € par an, en cumulant l’aide de la fédération et celles des collectivités publiques. Ça paye le matériel et les déplacements ».
1.500 € le titre de champion du monde
Et le champion du monde, de détailler : « Un bateau de compétition, ça coûte 1.500 €. Et il en faut trois par an. Il faut aussi compter les pagaies et l’habillement, plus les déplacements pour les stages ». Pensionnaire de l’équipe de France, Hybois bénéficie bien des stages fédéraux, le plus souvent à l’étranger, pour lesquels ses frais sont pris en charge. Mais son souci du détail et de la performance l’amène aussi à se payer des stages à titre personnel. Derrière le terme stage, il faut uniquement voir la notion de travail. Pas question ici d’hôtels quatre étoiles avec soins de thalassothérapie. « Souvent, on se regroupe, on prend une voiture ou un minibus, on loue un gîte et on se fait à manger ». Au final, combien lui reste-t-il une fois qu’il a tout payé ? « Rien », répond le champion du monde, qui n’a pas fait de folies avec la prime que lui a versée la fédération pour son titre : 1.500 €. « Mais on ne le fait pas pour ça non plus ».
Quémerais - Le Pennec : la recherche de l’équilibre
Depuis dix ans qu’ils sont associés en canoë biplace, les Lannionnais Philippe Quémerais et Yann Le Pennec ont tôt fait de s’en rendre compte : « On ne fait pas ça pour l’argent ! » Leur chance aura cependant été d’intégrer rapidement l’équipe de France et de bénéficier des aides fédérales qui permettent notamment de financer les déplacements internationaux. « Si on fait le calcul, sur l’ensemble de notre carrière, on doit être arrivé à l’équilibre », estime Yann Le Pennec, professeur de sport à la Direction départementale jeunesse et sport des Côtes-d’Armor. Difficile, en effet, d’espérer des bénéfices quand le « bon » contrat est celui qui rapporte 1.000 € (« soit un demi-bateau ») lors des années olympiques.
Pertes de salaires
Leurs ressources principales proviennent donc des collectivités, principalement du Conseil général des Côtes-d’Armor (1.850 € par an) plus une aide à l’achat de matériels dans une limite de 1.830 €. « Avant les JO de 2004, on avait également bénéficié d’une subvention exceptionnelle de 7.000 € ». Autres partenaires : la ville de Lannion (1.500 € par an plus la mise à disposition du stade d’eau vive) et le Conseil régional (1.700 €). Au final, ni pertes ni profits pour le duo. Du moins sur l’eau, car en dehors, il leur faut s’accommoder de pertes de salaires. C’est notamment vrai pour Philippe Quémérais, ingénieur à l’Enssat de Lannion et chercheur dans un laboratoire.
Voile. « Repartir de zéro à chaque fois »
Combien de skippers vivent aujourd’hui correctement de leur métier ? Pas facile d’y répondre. En effet, contrairement à d’autres disciplines, la voile ne fonctionne pas selon les mêmes critères. Ici, les contrats sont parfois signés pour une saison. Au mieux, pour une durée de quatre ou cinq ans.
« C’est le jeu. A chaque fois, il faut repartir de zéro. mais on le sait dès le départ », explique Michel Desjoyeaux, qui tire plutôt bien son épingle du jeu. Vainqueur du Vendée Globe et de la Route du Rhum, le Fouesnantais avoue gagner aujourd’hui 4.500 € net par mois pour sa fonction de skipper du trimaran « Géant ». Un salaire qu’il ne touchera plus à la fin de l’année, la société de grande distribution ayant décidé de ne pas continuer dans la voile.
De 0 à 4.700 €
Egalement skipper d’un trimaran de 60 pieds, Franck Cammas annonce un salaire de 4.700 € par mois, auxquels il convient d’ajouter les primes en fonction des résultats. Comme Philippe Poupon avec « Fleury Michon » et Loïck Peyron avec « Fujicolor », le Breton d’adoption a réussi à trouver - et à garder - un partenaire (« Groupama ») ayant choisi d’investir sur le long terme. Mais tous les skippers ne sont pas logés à la même enseigne. Dans le circuit des Mini 6.50, rares sont ceux qui se dégagent un vrai salaire. La plupart, qui naviguent entre professionnalisme et amateurisme, se contentent de « vivoter », voire d’en être carrément de leur poche. Ainsi, pour s’engager dans la Mini-Transat 1993 qu’il avait remportée, Thierry Dubois avait contracté un emprunt qu’il a remboursé jusqu’en... l’an 2000. Lors de ses deux Vendée Globe sous le pavillon d’Amnesty International, il ne roulait pas non plus sur l’or. Le Trinitain avait créé une société dont l’unique salarié était son préparateur. A l’inverse, dans le circuit Figaro, très structuré et plutôt bien doté en primes, on retrouve plusieurs skippers qui émargent à 2.200, voire 3.800 € par mois.
Pacé, l’exception
Dans le microcosme de la voile française, la place de Bertrand Pacé est certainement l’une des plus enviables, financièrement parlant. Ce Français est l’un des barreurs les plus courtisés dans le richissime milieu de la Coupe de l’America. Après les Néo-Zélandais en 2003, ce sont les Américains d’« Oracle » qui ont mis un chèque de 1,5 million d’euros (sur quatre ans) sur la table pour s’adjoindre les services du « Frenchie », soit 31.000 € par mois pour faire des ronds dans l’eau...

Le Télégramme - 28/05/2006


Seule handballeuse française à évoluer à l’étranger, Valérie Nicolas a multiplié son salaire par trois en signant à Viborg, au Danemark. (Photo Roger Duvivier/L’Echo Républicain)
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