Nass & Wind n’en est pas à son premier projet éolien. Mais jusqu’à présent, ses implantations étaient terrestres. Depuis 2004, sa filiale, Nass & Wind Technologies a développé une dizaine de parcs éoliens en France (600 MgW), dont la première installation de ce type dans le Morbihan. Ce savoir-faire
a séduit Gaz de France qui a décidé en février dernier de faire l’acquisition de N & W Technologies.
23 sites potentiels en Bretagne
Nass & Wind préfère aujourd’hui plancher sur l’éolien maritime. Une nouvelle filiale, Nass & Wind Offshore, vient tout juste d’être créée à cette fin. « La réflexion remonte à 2004, explique Nathalie Le Meur, la chef d’entreprise. Nous avons identifié 23 sites susceptibles d’accueillir des parcs éoliens offshore au large de la Bretagne. Notre objectif, désormais, n’est pas de débarquer sur un secteur et d’imposer un projet aux populations et aux professionnels de la mer, mais de lancer des concertations pour que chacun puisse s’exprimer et, qu’ensemble, on définisse la zone la plus adaptée, la moins gênante et la moins onéreuse ». Le projet le plus avancé concerne la baie de Saint-Brieuc : « Les contacts ont été nombreux et l’étude d’impact a été lancée vendredi dernier. Notre projet aura un faible impact, de 1 à 1,5 %, sur la zone de pêche à la coquille ».
Concertation ouverte dans le Morbihan
Pour le projet qui intéresse la côte sud, au large de Groix et de Belle-Île-en-Mer, la concertation commence sur le terrain. Nathalie Le Meur compte bien rencontrer tous les élus concernés, les associations de défense de l’environnement et les professionnels du monde maritime au cours des prochains mois. En l’état des technologies actuelles, un site éolien offshore représente une dizaine de machines de 40 m à 80 m de haut plantées (grâce à des pieux) dans le plateau continental jusqu’à 40 m de profondeur. Des éoliennes qui se situent de 10 à 20 km de la côte et qui sont reliées à une centrale continentale par un câble sous-marin. Nass & Wind veut aller encore plus loin dans ses projets. L’entreprise vise l’éolien flottant : « Nous nous sommes rapprochés de DCNS qui souhaite diversifier ses activités et de la société SAIPM-Sofresid. Un plateau de cinquante personnes travaille sur ce projet à Lorient. Les machines flottantes seront commercialisables au plus tôt en 2011 ».
1.000 emplois à terme
Dès que la recherche aura abouti - un dossier va être déposé au pôle Mer-Bretagne - une structure industrielle sera créée pour construire et assembler les machines. Nathalie Le Meur souhaiterait que le site de Lorient soit retenu. « Il faut réaménager les quais du Blavet, mais c’est faisable. Sinon nous irons à Brest. On peut imaginer que ce type d’activité créera, à terme, 1.000 emplois. Et ce n’est pas de la science-fiction ». Ce qui reste un rêve pour l’instant c’est d’installer des éoliennes flottantes très loin des côtes avec un stockage d’énergie sous forme d’hydrogène. Hydrogène que l’on pourra ramener à la côte dans des « ampoules » flottantes. A suivre.
Flore Limantour. 07/10/2008