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Energie. Par vents et marées Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Hydrolienne. 20.000 watts sous les mers

En Bretagne, l’énergie de demain viendra en partie de la mer. Le premier prototype d’une hydrolienne sous-marine pour la production d’électricité à partir des courants marins va être immergée en France lundi à Bénodet.




« Après avoir manqué il y a 20 ans la création d’une filière industrielle de l’éolien, la France ne doit pas rater celle des hydroliennes ». C’est avec cette certitude que Jean-François Daviau, un ancien cadre financier de l’Institut français des pétroles, et Hervé Majastre, docteur en électrochimie, ont créé en 2000 à Quimper, le cabinet HydroHélix Energies pour la construction d’une hydrolienne. « Si on avait su qu’il nous faudrait huit ans, nous ne nous serions sans doute pas lancés dans l’aventure », commente Jean-François Daviau, alors que leur hydrolienne baptisée Sabella D03, du nom d’un ver marin, est inaugurée ce matin dans la petite station balnéaire finistérienne.
« Une dizaine de concepts dans le monde »
HydroHélix aura dû en effet se battre contre des moulins à vent malgré le soutien de l’Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) pour faire reconnaître la pertinence de la production d’énergie à partir des courants marins pour diversifier la fourniture d’électricité dans un contexte de développement durable, de libération du marché de l’électricité, de flambée des prix du pétrole, et de respect du protocole de Kyoto, tandis que les financements publics s’engouffrent dans le nucléaire EPR. En 2004, ils sont cependant parvenus à fédérer les énergies autour d’un consortium comprenant les entreprises Sofresid Engineering, Dourmap et le cabinet In Vivo Environnement installés dans le Finistère. Puis l’année suivante à être labellisés dans le pôle de compétitivité Mer Bretagne. Cette reconnaissance ne leur permettra cependant pas, faute de financements suffisants, de lancer Marénergie, le projet de cinq hydroliennes pour une puissance d’un mégawatt. « Il existe actuellement une dizaine de concepts dans le monde. Les Anglais sont très en avance sur nous, plusieurs machines sont immergées, en cours de test. Dans les années 90, le gouvernement Blair a mis 140 millions d’euros sur la table pour la recherche, dans la perspective de la reconversion de son offshore pétrolier en fin de vie », commente Jean-François Daviau. Ainsi, le Pelamis, sorte de serpent de mer utilisant la houle, est en phase de commercialisation. Des Anglais rejoints par EDF (*) par le biais de sa filiale MCT.
Des machines trois fois plus grandes
Sabella D03, construite par DCNS Brest et ENAG Quimper pour la génératrice électrique, n’a pas vocation à produire de l’énergie. Il servira de premier test concret. « Nous n’attendons pas vraiment de surprises » dit Jean-François Daviau, « notre vrai challenge sera de faire Marénergie », cinq machines trois fois plus grandes, avant l’industrialisation. Pour cela, le consortium travaille actuellement à la constitution d’une nouvelle société. Marénergie nécessite en effet une première levée de fonds de cinq millions d’euros. Le baptême aujourd’hui de Sabella D03, par Jacqueline Tabarly en présence de Jean-Yves Le Drian, président de la Région, sera aussi l’occasion de rencontrer des énergéticiens et des fonds d’investissements français.

* EDF mène son propre projet de récupération de l’énergie délivrée par les courants marins. Des études sont menées actuellement au large de Bréhat (22) et de Barfleur (Manche).
Quelques chiffres
15 centimes. Le tarif de rachat de l’énergie marine a été fixé à 15 centimes d’euros le kilowatt en 2007, en France.

5.000 emplois.

La création d’une filière industrielle d’énergie par hydroliennes pourrait générer 5.000 emplois en Bretagne, selon Jean-François Daviau qui se réfère aux 60.000 emplois dans l’éolien, au Danemark. 15.000 heures. C’est le temps qu’il aura fallu pour donner naissance à Sabella D03, pour un coût de 750.000 € financés à 60 % par le consortium. Le reste provient de la Région, de l’Ademe, du conseil général du Finistère, de Brest métropole Océane et de Quimper-Communauté.

Jacky Hamard


Bardé de capteurs, l’engin de sept tonnes et de cinq mètres de haut va reposer au fond de l’Odet et y être testé six mois. Un deuxième essai aura sans doute lieu dans le raz-de-Sein.
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