Réunion au sommet, à la sous-préfecture de Morlaix, hier matin. Assis autour d’une table, la sous-préfète Agnès Pinault, les représenants des syndicats de l’Horn, du Sivom de Morlaix et du syndicat mixte de Landivisiau, ainsi qu’Alain Artur, responsable départemental de la mission interministérielle sur l’eau,
ou encore Adrien Kervella en tant que président du pays de Morlaix, présentaient leur tout chaud « protocole d’accord ».
12.000 m³ d’eau par jour à trouver
Au menu : le scénario d’urgence, élaboré en moins d’un mois, que ces partenaires ont d’ores et déjà mis en place pour compenser la fermeture annoncée du captage d’eau de l’Horn (lire notre édition de jeudi). Dans moins de deux ans maintenant, ce sont 12.000 m³ d’eau par jour qui feront défaut en période de pointe, si d’autres sources d’approvisonnement ne sont pas trouvées. Que prévoit ce scenario ? Il écarte l’hypothèse que l’Elorn puisse être la seule source de prélèvement supplémentaire. Il met temporairement à contribution le syndicat de Landivisiau, qui devra augmenter sa capacité de production. « Ce qui était envisagé, vu la forte activité agroalimentaire sur notre secteur » souligne le maire de Landivisiau Georges Tigréat, pas forcément chaud pour que de mauvaises habitudes se prennent néanmoins dans le long terme. Le scenario évoque encore des interconnexions entre Guerlesquin et Morlaix, solution insuffisante en soi, car, rappelle Gilbert Plassart pour le Sivom, « nous sommes déjà assez fragiles à certaines périodes de l’année ».
L’hypothèse du Queffleuth
Enfin et surtout, l’accord indique noir sur blanc que « des ressources supplémentaires en eau sont à rechercher sur le territoire ». « D’un mal, on peut faire un bien » ironise la sous-préfète. « Il faut profiter de cette crise pour tout mettre à plat et sécuriser davantage la production en eau du pays de Morlaix ». D’emblée, les regards sont tournés vers le peu pollué Queffleuth, où l’hypothèse d’une prise d’eau sur la rivière superficielle, au niveau de Plourin-lès-Morlaix, semble d’ores et déjà la plus facile à mettre en oeuvre. « En prenant en compte, bien entendu, le maintien des activités piscicoles qui s’y trouvent » note encore Agnès Pinault.
Chercher de l’eau en profondeur
Point d’orgue de ce « casse-tête » local, qui a eu le mérite de faire consensus : l’étude prochainement que mènera le pays de Morlaix pour identifier de nouvelles nappes d’eau souterraines sur le versant nord des monts d’Arrée et sur la vallée de l’Horn. Elle coûtera à elle seule 430.000 €. Une petite goutte, déjà coûteuse, dans l’océan des 18 millions d’euros prévisionnels du scenario. Mais là encore, les partenaires du protocole peuvent être satisfaits. « Prenant ses responsabilités », l’Etat s’engage à financer de façon exceptionnelle 80 % de ces dépenses. La facture d’eau du consommateur ne devrait, dit l’accord, pas trop s’alourdir. Et le montant total de la note n’atteindra, quoi qu’il en soit, pas le tiers du quart des pénalités que l’Etat français aurait, sans la fermeture du captage de l’Horn, eu à verser à Bruxelles
... * Tout comme les captages du Bizien, de l’Ic et d’Echelles, tous les quatre figurant sur les bassins versants considérés comme les plus pollués par l’Europe.
Sophie Prévost. 15/09/07