D’année en année, la triple fracture bretonne s’accentue : à la rupture est-ouest, engagée voici trente ans, s’est ajoutée la rupture intérieur-littoral puis la rupture ville-campagne. Les résultats de la dernière vague de recensement, présentés hier à l’Insee-Bretagne, confirment clairement ces tendances.
Le Finistère à la traîne
Plus on s’avance vers l’ouest, moins la population augmente. Dopé par le formidable essor du bassin rennais, le département d’Ille-et-Vilaine a gagné 72.500 habitants en sept ans, soit une progression annuelle de 1,17 % qui le classe au 14 e rang français. Il est talonné par le Morbihan (+1,08 %, 18 e rang) dont les 50.000 nouveaux habitants se concentrent principalement dans le secteur de Vannes-Auray, lui aussi très dynamique. Dans les Côtes-d’Armor, l’évolution est très légèrement supérieure à la moyenne nationale (27.000 habitants de plus, +0,7 % par an). Seul le Finistère est à la traîne : ses 27.500 habitants gagnés ne représentent que +0,45 %, loin derrière la moyenne française (+0,65 %).
L’essor des petites villes
L’approche locale, par le menu détail des communes, révèle deux vastes zones de fort développement, s’étendant jusqu’à 40 km des villes-centres où le prix du foncier est devenu inabordable pour les familles moyennes (Vannes-Auray, Rennes et Saint-Malo).
Ce sont les communes de moins de 10.000 habitants qui progressent le plus, avec une augmentation moyenne de 1,3 % par an contre 0,2 % pour les plus de 10.000 (0,86 % en moyenne bretonne). Au sud, la nébuleuse des localités en explosion démographique commence à l’est de l’agglomération lorientaise pour se densifier autour du Golfe avant de poursuivre vers la Vilaine et de faire la jonction avec la constellation périurbaine de Nantes-Saint-Nazaire. À l’est, l’expansion rennaise déborde largement les limites du pays métropolitain pour irriguer la quasi-totalité du département d’Ille-et-Vilaine en débordant sur les pays de Ploërmel et de Dinan.
La côte a la cote
Le long du littoral, la quasi-totalité des communes est en progression, à l’exception du Cap-Sizun et du pays de Tréguier. Les secteurs de Brest, Concarneau et Saint-Brieuc s’en sortent plutôt bien. En revanche, le centre-Bretagne continue à perdre des habitants. Sur un immense territoire qui représente près de la moitié de la région, la tendance générale est à l’érosion démographique avec toutefois un ralentissement du rythme de la baisse. Seules les aires urbaines de Pontivy et Loudéac font figure d’oasis dans le désert.