Le souhait de certains écologistes d'une remise en cours d'eau naturel du canal n'est-il pas, après tout, la meilleure solution pour reconquérir la qualité de l'eau ? L'Europe demande aux acteurs locaux de trouver la meilleure formule pour une reconquête de la qualité des eaux d'ici 2015. Elle ne dit pas qu'il faut débarrer.
Certains écologistes n'ont qu'une idée en tête : la remontée du saumon. Pour eux, les poissons migrateurs doivent pouvoir remonter de l'estuaire à la source sans obstacles.
Ces mêmes écologistes disent que l'intérêt biologique du canal doit passer devant son intérêt touristique et économique. Que répondez-vous ? Je ne joue pas le jeu de la navigation de plaisance. Je joue le jeu de la défense d'un patrimoine, un patrimoine bâti, historique, paysager. Si l'eau est de mauvaise qualité, ce n'est pas parce qu'elle coule dans le canal. Le problème est en amont. En 200 ans, le canal est devenu un écosystème lui-même. La remise en cours d'eau naturel serait en contradiction avec Natura 2000, qui dit qu'il faut préserver l'écosystème canal.
L'intérêt économique et touristique du canal est contesté. D'aucuns disent que le canal n'apporte pas grand-chose...
On est à l'an 1 du tourisme fluvial. Il n'y a jamais eu, c'est vrai, de schéma de développement mais il se met en place dans le cadre du schéma régional du tourisme. Ce n'est que depuis deux ou trois ans que l'on a inscrit le canal dans les objectifs touristiques. La plaisance n'est pas le seul objectif : on doit faire un tourisme de l'eau et du bord de l'eau.
Il n'y a donc, pour vous, pas d'autres solutions que de garder le canal ? Honnêtement, oui. Il faut sauver le canal. Au-delà de la question touristique, le canal, aujourd'hui, est une succession de châteaux d'eau horizontaux. Si demain, on décide de tout débarrer, il est certain, qu'avec le réchauffement climatique, on va vers une catastrophe écologique. On n'aura plus de réserves. Le canal est un outil hydraulique d'interconnexion de tous les bassins-versants.
Êtes-vous vraiment inquiet ? /B> Pour le moment, il n'y a rien d'irréversible mais on peut passer très vite d'une préconisation à une obligation.