Tous les chemins mènent à Saint- Barth’ et la flotte des Figaro a explosé. Avec un scénario météo complexe, les marins sont plutôt perplexes. En attendant une dépression prochaine, la tempête est sous les crânes. Au Nord comme au Sud, on se garde bien d’afficher des certitudes sur les options choisies, après mûre réflexion ou non.
Troussel : « C’est aléatoire »
« C’est vraiment aléatoire. On ne peut pas tout analyser. Nous tentons la trajectoire médium la plus cohérente », confiait Nicolas Troussel (Financo), qui mène toujours la danse sur la voie Nord mais était assez dubitatif. On retrouvait la même prudence dans l’analyse chez Thierry Chabagny : « Les trois derniers jours étaient compliqués en terme de météo. Ce n’est pas simple. D’ailleurs, l’état de la flotte sur le plan d’eau montre bien que personne ne sait réellement quelle va être l’évolution de la situation. La différence en latéral se fera suivant le moment de l’empannage. Cela peut être décisif sur la façon de récupérer le vent pour Saint-Barth’. Il y a du suspense », expliquait le skipper de Suzuki Automobiles (3 e ) Il y a du jeu dans cette transat à armes égales. Tandis que « Financo », « Gedimat » et « Défi Mousquetaires » sont bien calés au nord-ouest, « Suzuki », « Cercle Vert » et « Les Mousquetaires » ont opté pour une trajectoire plus médiane. Quelques audacieux, comme Pellecuer - Mouren, qui aiment le soleil, ou le duo Péron - Danet, ont joué leur va-tout en investissant à fond dans le Sud.
Un jeu passionnant
Ces stratégies opposées font le charme de cette transat. « La course est très intéressante car il y a des gens un peu partout à droite, au centre. Il y a un peu de tout. C’est passionnant de regarder les positions des uns et des autres », confiait Jean Le Cam qui, pour son retour sur le circuit, se régale à bord de Cercle Vert. C’est aussi le cas de Gwen Riou appelé à la rescousse par Bertrand de Broc pour remplacer Joe Seeten et qui ne boude pas son plaisir à bord des Mousquetaires, pointé en deuxième position. « Je viens de me réveiller. C’est pour ça que je suis bien décontracté. On regardait le dernier classement. Il ne faut pas se faire d’idée préconçue. Nous ne sommes pas très Sud. On régate correctement. On est dans un bon créneau », confiait-il serein. Il faudra attendre quelques jours pour que les options se décantent. « Avec cette météo incertaine, il y a une part de loterie qu’on ne contrôle plus », ajoutait Chabagny. En attendant que l’océan rende son verdict, les équipages qui dévorent les milles sous spi apprécient cette glisse sous le soleil. Mais ils ne sont plus en short pour longtemps. Une dépression avec des vents contraires les guette d’ici 24 heures. Le bonheur n’est pas dans le près. Il va falloir ressortir les cirés.