La bulle anticyclonique n’aura pas piégé la flotte trop longtemps. Hier, le vent est revenu tout doucement. Et la chaleur avec. Les concurrents ont pu enlever bottes et cirés, enfiler shorts et tee-shirts et se tartiner de crème solaire. Mais ce que l’on peut retenir de ces premiers jours de course, c’est la grande régularité des leaders du moment. Le Morlaisien et le Marseillais sont à l’aise à toutes les allures. Ce qui faisait dire à Bertrand de Broc que « Troussel a souvent de la chance. Enfin, à ce stade, je ne pense pas vraiment que ce soit de la chance ».
Gedimat modifie sa stratégie
« Une fois, ça peut être de la chance. Deux fois, on commence à douter. Et la troisième fois, cela s’appelle le talent. » La phrase est de Michel Desjoyeaux et s’applique parfaitement à l’équipage de Financo. La course ne fait que commencer mais Troussel et Pratt ont déjà envoyé un message clair à leurs adversaires. Message qui pourrait être celui-ci : « Il faudra compter sur nous jusqu’au bout ». Il faudra aussi compter sur le tandem Tripon - Vittet, auteur d’une option osée à l’ouest, revenu en 2 e position hier matin avant de rétrograder en 7 e position à plus de 16 milles des leaders. « La configuration pour Madère n’est pas celle qu’on attendait. Donc on modifie nos stratégies au fur et à mesure qu’on avance », a avoué hier Dominic Vittet. Il faudra encore compter sur Morvan - Le Cam (Cercle Vert) et Chabagny - Douguet (Suzuki), voire Grégoire - Lunven (Banque Populaire), tous partis flirter avec les côtes portugaises et plus que jamais dans le match.
Galfione : « C’est un rêve »
Sans se prendre la tête avec les classements, Jeanne Grégoire racontait hier sa joie d’être en mer : « On est content, c’est intéressant comme navigation. Il fait beau, c’est que du bonheur ». Du bonheur aussi pour le perchiste Jean Galfione qui prend tout doucement ses marques à bord du Figaro. « C’est la première fois que je passe autant de temps en mer. Il y a de la fatigue mais je tiens. Je suis très heureux d’être là. C’est un rêve. » Pour l’équipage de Luisina, en revanche, ces dernières 24 heures ont pris des allures de cauchemar : s’ils accusaient 85,6 milles de retard sur les leaders mardi soir, Drouglazet et Bouvet en avaient 103,8 milles mercredi soir. Et 126,5 milles hier soir. En Figaro 2, ça commence à faire beaucoup !