Après le « collé-serré » (Kolé Séré en Créole) de Jocelyne Béroard et Philippe Lavil, voici le « Sud » de Nino Ferrer. Si le groupe de tête a navigué dans un mouchoir de poche dans le golfe de Gascogne, hier après avoir viré le cap Finisterre, la flotte a piqué au sud, cap sur Madère et sa porte obligatoire à Porto Santo.
« Les montagnes russes »
Et ce passage de la pointe nord-ouest de l’Espagne n’aura pas été de tout repos pour les concurrents : vent de face, 25-30 nœuds avec des claques à 35 nœuds. « Les montagnes russes. On a joué à saute-mouton », expliquait hier Jean-Pierre Nicol (Aquerelle - Le Figaro) bien calé dans le sillage du duo Troussel - Pratt (Financo) en tête, au pointage de 17 h. Un pointage à prendre avec des pincettes vu le décalage de la flotte : entre Gedimat (Tripon - Vittet) dans l’ouest et Suzuki (Chabagny - Douguet) le plus proche des côtes espagnoles, il y avait 55 milles de décalage.
Bulle anticyclonique droit devant
Quant à Financo et Athema (Tabarly - Biarnès), ils ont choisi de rester au centre. Laquelle de ces trois options se révélera être la bonne ? « C’est bien compliqué actuellement sur le plan d’eau. » L’ouest, le centre ou la terre : même Richard Silvani de chez Météo France joue la prudence : « Jeudi matin, la flotte va rencontrer une bulle anticyclonique actuellement située entre Madère et les Açores. Cette bulle remonte vers la flotte donc il faut s’attendre à un ralentissement ». Tripon et Vittet ont misé sur un contournement de cette zone par le nord. Les autres veulent glisser le long des côtes portugaises. « À mon avis, les Figaro ne vont pas rester longtemps dans cette bulle-là : une dizaine d’heures au maximum pour certains. Du coup, je ne vois pas d’écarts conséquents à Madère. »
Bertrac - Mahé vers La Corogne
Cette remarque ne concerne pas l’équipage de Luisina qui paye cher son accrochage du départ : « Dans les heures qui viennent, il faut s’attendre à les voir perdre encore du terrain ». 85 milles de retard hier, combien demain ? Pourtant, Drouglazet et Bouvet cravachent comme des malades pour revenir au contact, décrochant hier la meilleure moyenne sur 24 heures avec 164 milles avalés. A bord de Iroise Promotions, Claude Bertrac a prévenu le directeur de course qu’il faisait route vers La Corogne. Son équipier Tangi Mahé s’est blessé au genou et il préfère consulter un médecin avant de décider si oui ou non, l’équipage reste en course.