5 juillet 2008. L'événement brestois
Le Tour de France s’élancera de Brest le 5 juillet 2008. Depuis plusieurs semaines, cela allait sans dire, mais, comme chacun sait, cela va encore mieux en le disant. Hier, à Rennes, les organisateurs de la grande boucle et le conseil régional ont confirmé la nouvelle. Brest attendait depuis 1974 d’être désignée comme ville-départ de l’épreuve majeure du cyclisme international. Trente-quatre ans d’impatience aujourd’hui effacés. L’information ravira, bien sûr, tous les amoureux de la petite reine. Et Dieu sait s’ils sont nombreux en Bretagne, qui demeure pour l’éternité, et quels que soient les aléas, la fille aînée du cyclisme. Se réjouiront aussi tous les acteurs économiques de l’agglomération, qui pourront mesurer à leur juste valeur les retombées générées par un événement qui reste hors du commun. Enfin, le Tour donnera un formidable coup de projecteur médiatique sur le port du Ponant, une semaine avant les fêtes nautiques de Brest 2008. C’est bien simple, dix-huit mois avant le jour J, on en a déjà des fourmis dans les jambes.
François Cuillandre, qui avait fait le déplacement à Rennes avec l’adjoint aux sports, Gérard Cabon, ne cherchait pas le moins du monde, hier, à cacher sa satisfaction. Le maire de Brest affichait le visage d’un homme heureux mais pas autrement surpris : « Il était acquis à 95 % que Brest serait retenue. Maintenant, c’est du 100 %. C’est parfait ! ». Le choix de Brest comme ville de départ est le résultat d’un sprint au long cours lancé par l’équipe municipale dès lors que la région Bretagne s’était mise sur les rangs pour accueillir le Tour : « Quand Jean-Yves Le Drian, le président du conseil régional, m’en avait parlé, je lui avais aussitôt fait savoir que nous étions candidats. De son côté, il m’avait assuré que si la Bretagne était choisie, il porterait le dossier brestois. C’est exactement ce qui s’est passé », se félicite François Cuillandre. Une aubaine commerciale Il faut reconnaître que, pour une ville, donner le départ du Tour de France représente une caisse de résonance considérable, doublée de bénéfiques et incontestables effets économiques. Trois ou quatre jours avant l’épreuve, Brest sera, par exemple, investie par près de 5.000 personnes : coureurs, accompagnateurs, techniciens, organisateurs, membres de la caravane publicitaire, journalistes, etc. Une véritable aubaine pour le commerce local. Il faut y ajouter les spectateurs accourus de toutes parts car l’engouement populaire suscité par l’épreuve continue à ne pas se démentir : « L’an dernier, 140.000 personnes extérieures à la ville avaient assisté au départ à Strasbourg », précise à ce propos François Cuillandre. Coup de projecteur sur Brest 2008 Existait-il un risque de télescopage avec les fêtes nautiques de Brest 2008 ? « Certainement pas, estime François Cuillandre. Brest 2008 commencera une semaine après le début du Tour. Celui-ci sera, au contraire, une excellente bande-annonce pour les fêtes nautiques, qui bénéficieront ainsi d’un coup de projecteur exceptionnel ». Le village du Tour devrait d’ailleurs prendre ses quartiers au port. Et le maire caresse l’espoir d’une présentation des équipes sur les ponts des bateaux déjà arrivés pour participer à Brest 2008. Une perspective qui ne manquerait pas d’allure. De son côté, Michel Gourtay, le directeur de la chambre de commerce et d’industrie, relève que la capacité de gérer simultanément deux rendez-vous de cette ampleur n’est pas à la portée de n’importe quelle agglomération. Un bon investissement Reste la question du coût de l’opération : « La région participera largement au plan financier. Les conseils généraux seront également sollicités. Au total, le coût du passage du Tour en Bretagne est de l’ordre de 1 million d’euros. Il est évident que Brest prendra sa part. Celle-ci n’est pas encore chiffrée avec précision, mais elle ne sera pas démesurée ». On n’ira pas jusqu’à écrire que c’est pour rien. Mais au prix des secondes de publicité à la télévision dont les caméras seront braquées sur le port du Ponant, ce sera vraiment tout bénéfice.
Dominique Cap ronge son frein
Le maire de Plougastel-Daoulas, Dominique Cap, n’a pas eu les réponses espérées hier après-midi à Rennes. « On nous a confirmé que le départ serait donné de Brest. C’est tout. Il paraît qu’ils ont plusieurs pistes envisageables pour la suite. Moi, je pousse pour que le peloton passe par le vieux pont. On mettrait des bateaux sous voiles dans la rade. Avec du soleil, imaginez les images ! S’il le faut, je sortirai mon argument massue : un panier de fraises pour tout le monde, si le Tour passe par Plougastel ».
Hôtels : 1.600 lits déjà réservés
Les coureurs du Tour de France sont-ils des clients particulièrement difficiles à accueillir ? Benoît Houssais, directeur des deux hôtels Océania de Brest, a déjà connu en 2004, à Aix-en-Provence, un débarquement de cyclistes de la Grande Boucle. Alors ?
Si Benoît Houssais assure que « ça demande presque moins de travail que l’organisation d’un gros mariage », on constate que l’accueil d’une équipe du Tour de France inclut quelques étonnantes spécificités. « Ils apportent leurs machines à laver et leurs sèche-linge ». Pas mal. « Ils viennent aussi avec un camion garage. Parfois, les mécaniciens travaillent jusqu’à minuit ». Encore mieux. Et ce n’est que la partie parking de l’accueil. Jusqu’au dernier grain de parmesan A l’intérieur de l’hôtel, le défilé des détails incongrus continue. Passons sur les massages, douches et autres pratiques hygiéniques de fin de course. Le meilleur est sur la table. « Les équipes se déplacent avec leurs ingrédients, pâtes, huiles et même parmesan, explique Benoît Houssais. Pour le reste, ça dépend. Si elles ont un sponsor qui fait des céréales, eh bien elles mangent les céréales du sponsor ». En cuisine également, le personnel est surveillé de près. « Chaque équipe dispose d’un cuisinier qui contrôle la préparation des repas ». Même pour cuire des pâtes, le chef cuistot reçoit des consignes ! Etonnant, mais « ils payent le prix d’un repas normal », alors après tout... L’ASO, association organisatrice du Tour de France, a réservé, dès le mois de décembre, 120 chambres dans les deux hôtels Océania. En tout, 1.600 lits sont d’ores et déjà réservés pour les 2, 3 et 4 juillet 2008 à Brest. « Très bonne affaire financière » « Une très bonne affaire au plan financier. Surtout qu’il y a un vendredi, un jour assez creux habituellement », se félicite Benoît Houssais. Le directeur n’a pas encore eu de contact direct avec les équipes. « C’est ASO qui s’occupe de tout et qui règle la facture. Les dirigeants des formations appelleront plus tard pour fignoler les derniers détails ». Benoît Houssais pense en accueillir trois dans son établissement et « il ne faudra pas qu’elles se rencontrent dans les couloirs ». Une contrainte de plus. La dernière. « Sinon, les coureurs sont vraiment très sympa. Ils n’ont pas cette arrogance que l’on peut retrouver chez d’autres sportifs ».
Laurent Madouas : «Revoir les copains»
Laurent Madouas, né à Plaudren (Morbihan) mais domicilié depuis fort longtemps dans la région brestoise, où est née son épouse, est le dernier « local » à avoir participé à la Grande boucle, comme une poignée d’autres avant lui, Pierre-Henri Menthéour et Gérard Kerbrat notamment.
Il va fêter ses 40 ans dans quelques jours et a stoppé sa carrière professionnelle il y a six saisons. Mais « Madous » a toujours l’œil qui pétille lorsque l’on évoque le Tour de France, où il affiche huit éditions au compteur. Alors, la confirmation que l’édition 2008 allait démarrer à « Brest même » l’a fait littéralement bondir de joie. « C’est super pour les Brestois ». Double bonheur puisque l’arrivée de la première étape se jouera à quelques kilomètres de sa commune de naissance. Si Laurent Madouas n’a pas eu la chance de fouler le bitume du pays d’Iroise lors de ses diverses participations, il a tout de même sillonné ses routes d’entraînement morbihannaises lors d’une arrivée, déjà, à Plumelec. « Le Tour de France, c’est l’aboutissement d’une carrière pour tout cycliste. Courir chez soi, c’est à la fois grisant et stressant, parce qu’on a vraiment envie de bien faire ». « Ça va être un super moment à vivre » A titre personnel, Laurent se réjouit à l’avance de la venue du peloton. « Depuis la fin de ma carrière en 2001, je n’ai pas eu beaucoup de contacts avec le milieu pro, à part lors du Tro Bro Leon. Mais là, j’ai hâte de revoir mes anciens potes, comme Christophe Moreau, Benoît Salmon, Laurent Brochard, Carlos Da Cruz. Ça va être un super moment à vivre. Je vais sans doute retrouver quelques-unes des sensations ressenties lors de ma première participation, où j’avais été frappé par le gigantisme de la manifestation et son organisation phénoménale ».
André Rivier. 26/01/2007.
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François Cuillandre peut sourire : le Tour 2008 partira bien de Brest. (Photo d’archives Le Télégramme)
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