La 95e édition de la Grande Boucle s'élancera le 5 juillet prochain de Brest pour s'achever sur les Champs-Elysées le 27 juillet après 3.554 kilomètres de course dans le sens
inverse des aiguilles d'une montre. Après trois jours en Bretagne, le peloton traversera le Massif Central avant de rallier les Pyrénées, où deux étapes de haute montagne seulement seront disputées.
Des scénarios différents
Le Tour rejoindra ensuite les Alpes en longeant les côtes méditerranéennes et fera escale en Italie. Le dernier grand rendez-vous, un chrono de 53 kilomètres entre Cérilly et
Saint-Amand-Montrond devrait fixer la hiérarchie à la veille de l'arrivée sur les Champs-Elysées. « Le découpage du Tour 2008 illustre notre volonté de donner du rythme dès le début et d'offrir des scénarios différents», a expliqué le directeur de l'épreuve, Christian Prudhomme.
Ménager le suspense
« Il y a cinq étapes de montagne, une de moins que l'an passé, mais quatre arrivées au sommet, soit une de plus. Nous voulons ménager le suspense le plus longtemps possible.»
Pour la première fois depuis 1967, la course ne s'ouvrira pas par un prologue mais par une étape en ligne. « La quête du maillot jaune, à Plumelec, sur les pentes de Cadoudal, n'en sera que plus incertaine», a ajouté Prudhomme. «Un sprinter, un puncheur ou le rescapé d'une échappée pourra y prétendre.» Pour animer la première semaine de course, les organisateurs ont également décidé de supprimer les bonifications. «Ca va changer la donne dans les 3-4
premiers jours», a expliqué Jean-François Pescheux, directeur des services sportifs du Tour. «Le maillot jaune ira au vainqueur de la première étape et jusqu'à Cholet ça se jouera à
la place.»
Un tracé pour spécialistes
Le premier rendez-vous contre-la-montre aura lieu après trois jours de course, autour de Cholet sur 29 kilomètres. «Ce n'est pas si court que ça», a estimé Prudhomme. «C'est un tracé pour spécialistes, ça peut faire des écarts. Il y a de belles lignes droites, des faux-plats montants.» Le premier
final en altitude, dans la station de ski du Massif Central de Super-Besse, interviendra dès le sixième jour avant la descente vers les Pyrénées. La traversée de ce massif s'annonce moins difficile que celle des Alpes, où deux arrivées en altitude sont programmées, en Italie d'abord à Prato Nevoso, puis à l'Alpe d'Huez le 23 juillet après l'ascension des mythiques cols du Galibier et de la Croix de Fer.
Passage à 2802 mètres
La veille, les coureurs auront gravi la Bonette-Restefond, le plus haut col d'Europe culminant à 2802 mètres. Il s'agira du sommet du Tour. «Il a déjà été gravi trois fois par le passé», a précisé Prudhomme, désireux de renouer avec le «romantisme» des grandes années de l'histoire du Tour. «En 1962 et 1964 -Bahamontes était alors passé en tête- puis en 1993. C'est un paysage somptueux, lunaire. Pour la deuxième fois seulement, le col sera emprunté par la route sud-nord, la plus difficile.» Au total, 19 cols seront franchis, contre 21 l'an passé.
Les cinq précédentes éditions de la course parties de Bretagne ont couronné des champions au palmarès immense: Fausto Coppi en 1952, Jacques Anquetil en 1964, Eddy Merckx en 1974, Bernard Hinault en 1985 et enfin Miguel Indurain en 1995. En 2008, les organisateurs se contenteront d'un vainqueur propre et d'une course épargnée par les affaires.
«Après une saison ô combine tourmentée, je ne formulerai qu'un voeu: que la course, enfin, reprenne ses droits», a conclu Prudhomme.