Prévoir des substituts. « Bien entendu arrêter, c'est toujours mieux », explique Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié Salpêtrière, mais gommes, pastilles ou inhaleurs peuvent aider ponctuellement le fumeur très dépendant sans inconvénient pour sa santé et en étant « complètement inoffensifs pour la santé des autres ».
« Il n'y a pas de raisons de créer des souffrances inutiles », indique-t-il. Les deux conseils que l'on peut donner, explique le Pr Dautzenberg, c'est d'accepter l'interdiction, comme les automobilistes ont finalement accepté les radars, et d'avoir dans sa poche des substituts nicotiniques oraux. « Le fait de savoir que ça existe apaise beaucoup les choses », ajoute-t-il. A signaler que l 'assurance maladie prendra en charge , sur prescription médicale, le premier mois de traitement par substituts nicotiniques (TNS) . Cette prise en charge se fera sous forme d'un forfait de 50 euros dans la limite d'une fois l'an.
En profiter pour arrêter. Selon le Pr Dautzenberg, les premières semaines seront les plus difficiles. « Quand on passe à des locaux non fumeurs, il y a une grande angoisse et un besoin de fumer qui dure un mois et demi à deux mois. Après, dans une pièce qui est non fumeur, les gens n'ont pas envie de fumer », assure-t-il. « L'idée pour le salarié, c'est de prendre les choses du bon côté car 60 % des fumeurs souhaitent arrêter », indique Pierre Angel, psychiatre, professeur de psychologie à Paris VIII.
Le soutien des collègues. Le Dr Angel souligne cependant la complexité de la « résistance » de certains fumeurs, qui ne peut se résumer à la seule dépendance à la nicotine. Pour le Dr Angel, les substituts ne sont pas « la panacée » car ils ne peuvent pas supprimer « complètement la souffrance ». Il faut prendre en compte, explique-t-il, la « dimension d'anxiété et de dépression » que peuvent éprouver certains fumeurs. Les cas « résistants » peuvent être aidés « par des techniques d'aide psychologique et aussi parfois par des médicaments », indique-t-il. A cette occasion, le soutien des collègues peut aussi être déterminant.
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