Chaque année, 66.000 Français meurent du tabac et 5.000 sont emportés par la fumée des autres. Un véritable fléau. Vous avez décidé d'arrêter ? Bravo ! Mais le tabac est une drogue qui accroche bien ses victimes. Pour en sortir, ne comptez pas sur votre seule volonté. Elle sera nécessaire, mais très probablement insuffisante. Adressez-vous à votre médecin traitant ou rendez-vous dans une consultation de tabacologie, d'autant que la mise en place d'un dispositif d'aide à l'arrêt et une prise en charge des substituts nicotiniques sont prévues. Dès le 1 e r février, une aide financière de 50 euros et par an sera offerte au fumeur. Sur prescription d'un traitement de substitution - qu'il devra payer -, le remboursement interviendra en moins d'une semaine, selon le ministre de la Santé. Une procédure insuffisante pour la Haute Autorité de Santé. Soulignant que « la réussite du sevrage est fortement liée à la motivation de chacun », elle appelle au subventionnement d'une démarche individuelle et active.
Aide médicale
Toujours est-il que, collectives ou individuelles, il existe des aides pour tous les goûts, du centre hospitalier à l'institut de thalassothérapie. Les conseils des spécialistes vous permettront de conforter votre motivation, de vous orienter dans la gamme des traitements disponibles et de vous accompagner, pendant des semaines ou des mois, parmi les fausses certitudes et les tentations de rechutes.
Gommes, patches...
Les traitements proposés sont divers. D'abord, il y a ceux dits de « substitution », remplaçant la nicotine des cigarettes par celle de gommes à mâcher, les patches ou les comprimés. Résultat : sevrage confortable, taux de réussite doublé par rapport au placebo, suivi médical essentiel. Coût : environ 22 € les cent gommes, dont la consommation varie avec le degré de manque. Les patches, eux, coûtent en moyenne 45 € la boîte de 28, à raison d'un par jour. Enfin, les 72 comprimés s'achètent autour de 14 € (en moyenne).
... et médicaments
Pour se passer de tabac, il existe aussi des médicaments. Introduit en 2001 sous le nom de Zyban, le bupropion offrirait 20 % de réussite à un an. En raison d'accidents parfois graves, l'usage de cet antidépresseur doit, toutefois, être rigoureusement encadré. Il est notamment contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante. Compter environ 180 € (en moyenne pour sept semaines de traitement) plus la consultation. La varenicline sera vendue, dans quelques jours, en officines sous le nom de Champix. Elle annihile l'effet de la nicotine en se liant à ses récepteurs cérébraux. Il n'y a plus d'effet « shoot », plus d'envie d'y revenir. Les études évoquent 71 % de réussite six mois après l'arrêt d'un traitement de même durée. A juger sur preuves d'ici quelques mois. Ce médicament est annoncé à 160 € (en moyenne) plus la consultation. D'autre part, l'acupuncture et l'homéopathie apportent une aide efficace. L'homéopathie est d'ailleurs de plus en plus prescrite en association avec les substituts nicotiniques. Sans effets secondaires, elle agit sur le syndrome de sevrage : irritabilité, troubles du sommeil, bouche sèche et signes de dépression. L'hypnose a également ses adeptes, et l'on prête de bons résultats aux thérapies cognitives et comportementales. Ces dernières demanderaient, pourtant, à être codifiées et encadrées, notamment en matière de prix.
Evaluez votre niveau de dépendance au tabac, en passant le test de Fägerström sur www.destinationsante.com, rubrique « Bibliothèque ». Par ailleurs, côté « prévention », le site www.tabac.gouv.fr met à disposition du public des kits gratuits d'information et vous pouvez aussi appeler le 0.825.309.310 (0,15 euro/minute).