Pour 2007, les industriels s'attendent déjà à une baisse des ventes de cigarettes de 2 %. Mais à partir de 2008, date où l'interdiction entrera en vigueur dans les casinos, débits de tabacs, discothèques, hôtels et restaurants, cette diminution pourrait atteindre 5 %, à l'image de ce qui s'est produit en Espagne et en Irlande.
Une perte de 4,5 milliards de chiffre d’affaires
Pour les buralistes, cette interdiction entraînerait une baisse de 25 % à 30 % de leur chiffre d'affaires. « Nous savons que nous allons perdre du chiffre d'affaires sur la vente de tabac, mais nous craignons surtout que les gens restent moins longtemps dans nos bars parce qu'ils n'auront pas le droit de fumer » , s’inquiète René Le Pape, président de la Confédération nationale des débitants. Le chiffre d'affaires des 30.000 buralistes français est estimé à 30 milliards d'euros et la moitié provient de la vente de tabac. Les restaurateurs se montrent tout aussi alarmistes, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie craignant une baisse de fréquentation de 20% à 30% dans ses établissements. Par contre, les économies à attendre en matière de dépenses de santé sont , quant à elles , plus difficilement quantifiables. « Il y aura un impact à la baisse, mais seulement à long terme » , prédit Pierre Kopp, professeur à l'université Panthéon-Sorbonne (Paris I) et membre du conseil scientifique de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT).
Moins de dépenses mais des retraites plus longues
« Aujourd'hui, on est en train de diagnostiquer les cancers des femmes qui ont commencé à fumer il y a 10 ou 20 ans , indique-t-il . Il n'y aura donc pas d'effet immédiat sur les dépenses » . Mais les économies pourraient être conséquentes, compte-tenu du poids des dépenses de santé entraînées par le tabac, qui s'élèveraient à 18,2 milliards d'euros par an, soit un coût moyen de 1.355 euro s par fumeur, selon une étude publiée en mai dernier par M. Kopp. Au premier plan, et loin devant, figurent les maladies cardio-vasculaires, dont près de 50 % seraient imputables au tabac, et qui entraînent chaque année un coût de 9,2 milliards d'euros. Mais il ne faudra pas oublier de déduire des économies sur les dépenses de santé de nouvelles dépenses liées elles aux retraites, qui seront versées plus longtemps et à davantage de gens si le tabac fait moins de victimes.
26/01/2007.