Tout sourire, Peggy Bouchet nous reçoit dans le local de l'aéro-club de Guipavas (29). C'est là qu'elle prend des cours de pilotage. « Je n'avais jamais touché aux commandes d'un avion avant d'embarquer dans cette belle aventure ». Une aventure qui, l'année prochaine, va l'emmener au-dessus de l'Atlantique. En ballon voile, cette fois. Un projet étonnant. Un peu fou même.
« Je marche à l'affectif »
« Stéphane Rousson (38 ans), pilote aérostier, est venu me voir il y a trois ans : il cherchait une aventurière qui ait le goût du risque, l'esprit pionnier et une expérience maritime pour partir avec lui au-dessus de la Méditerranée. Il a pensé à moi... » Et forcément, Peggy, qui avoue « marcher à l'affectif, aux coups de coeur », a dit banco, séduite par ce projet « curieux, audacieux, élégant ». Qui renvoie à la longue liste des aventures pionnières de l'aéronautique.
Trois ans de gestation
Certaine que le XXI e siècle sera celui des « aventures utiles, où l'environnement, la technologie et l'humanitaire prendront de plus en plus d'importance », elle a immédiatement mis toute son énergie dans ce projet. « Ça fait déjà trois ans qu'on travaille dessus et cela a vraiment pris forme quand le Groupe Théolia, légitime dans ce domaine, a décidé de nous soutenir ».
Illico presto, miss Bouchet a arrêté de parcourir la France et l'Europe où elle animait conférences et séminaires sur les notions de gestion de l'échec, du dépassement de soi et de l'audace.
Vol risqué
Reste qu'au-delà du défi technologique, humain et écologique, ce vol en ballon voile n'est pas sans danger : le risque principal est, notamment, la déchirure de l'enveloppe du ballon par surpression : « Nous avons fait appel à des architectes maritimes (ndlr : le cabinet vannetais Van Peteghem - Lauriot Prévost) pour la conception de la nacelle qui sera insubmersible, légère et autonome ». A un an du grand départ, la Brestoise piaffe déjà d'impatience. « On va ouvrir une nouvelle voie et, je l'espère, faire battre les coeurs ». Celui de Peggy Bouchet bat déjà vite et fort.
Philippe Eliès. 05/04/2007